Selon le baromètre des préoccupations 2019 du Credit Suisse, et pour la troisième année consécutive, la prévoyance vieillesse est la principale inquiétude des Suisses. Fait intéressant : ce thème ressort comme le premier chez toutes les personnes interrogées, qu’elles aient 18 ou plus de 65 ans. Voyons combien d’épargne vous devriez consacrer à votre prévoyance retraite.
Au-delà de l’allongement de la vie, dix
personnes actives contribuaient à l’AVS en 1948 et permettaient de financer un
retraité. D’ailleurs, vous payez — avec votre employeur — près d’un dixième de
votre salaire en cotisation. Aujourd’hui et avec le vieillissement de la
population, nous sommes moins de trois travailleurs par retraité. Aux environs
de 2030 et lorsque le dernier baby-boomer passera à la retraite, moins de deux
actifs subventionneront une rente.
Les dernières grandes réformes datent des
années 1970 et concernaient principalement le deuxième et le troisième pilier.
Depuis, trois projets ont échoué devant le peuple. La baisse des rentes ou le
recul de l’âge du départ à la retraite ne semblent pas populaires.
Si vous ajoutez les taux négatifs
persistants depuis plus de cinq ans, vous obtenez une situation intenable à
plus ou moins brève échéance.
Dédier aujourd’hui une épargne plus
importante, que n’ont pu le faire nos aïeux durant leur carrière, à la
prévoyance retraite est devenu primordial.
Les questions que vous devez vous poser.
Bien qu’il existe autant de réponses que
de cas particulier, je vous propose quelques pistes pour définir la part
d’épargne qu’une personne de quarante ans devrait consacrer à sa prévoyance
vieillesse. Cela peut vous donner une référence utile dans votre situation.
Lorsque l’on parle d’épargne, la première étape
consiste à définir vos projets de vie. Grâce à ces grands objectifs, vous serez
à même de structurer votre épargne selon trois échéances principales : le
court, le moyen et le long terme.
Quels sont mes besoins de court, de moyen et de long terme ?
Quel rapport entre projets de vie et
prévoyance me direz-vous ? Regardons deux exemples simples.
Si vous prévoyez d’acheter votre résidence
principale à un moment de votre vie, vous pourrez habilement (ou non) utiliser
l’épargne de votre prévoyance pour se faire.
Vous pourriez aussi vous dire que la
retraite ne fera pas partie de vos plans, car votre vie d’entrepreneur ou de
salarié est trépidante. Dans ce cas, vous pourriez consacrer moins d’épargne
pour le long terme et la redistribuer sur le moyen terme.
Vous pouvez fixer la durée des trois
échéances comme bon vous semble. Personnellement, je les répartis de la manière
suivante :
L’épargne
de court terme consiste en une réserve de liquidités (cash, compte
salaire ou épargne) à laquelle vous pouvez ajouter les dépenses certaines
des trois prochaines années. Vous ne pouvez investir cette épargne et vous
devriez idéalement détenir entre deux et quatre salaires de réserves.
Le
moyen terme devrait recevoir la majorité de votre épargne mensuelle puisque
vous n’aurez que trois à quinze ans pour la faire croître. Elle servira vos projets
de moyenne échéance comme les études des enfants, un achat immobilier, des
travaux ou encore des années sabbatiques.
Le
long terme est la partie de votre patrimoine qui « travaille » avec
un horizon de temps supérieur à quinze ans. C’est entre autres votre
prévoyance vieillesse formée du deuxième et du troisième pilier.
Distinguer l’épargne disponible de l’épargne non disponible.
À ce stade, vous aurez compris qu’une
partie de votre épargne restera accessible en tout temps. C’est le cas des
liquidités et des placements de moyen terme (fonds, actions, obligations,
métaux précieux). La partie prévoyance ne sera mobilisable qu’à la retraite
ou pour l’achat d’une résidence principale, comme nous le verrons plus bas.
Quelles sont mes lacunes de retraite ?
Connaître ses lacunes de retraite est le
deuxième point important. L’AVS considère qu’un actif commence à travailler
entre 18 et 21 ans. Pourtant, aujourd’hui et avec l’explosion du secteur des
services, beaucoup de personnes étudient longtemps et commencent à travailler
vers trente ans.
Le deuxième pilier oblige quant à lui à
cotiser pour la retraite dès ses 25 ans. Nous sommes confrontés au même
problème. Si vous avez commencé à travailler à 28 ans, vous auriez presque dix
ans de lacune AVS et trois ans de lacune dans le deuxième pilier.
L’avantage du deuxième pilier et que vous
pourrez racheter cette lacune tout en bénéficiant de rabais d’impôts !
Quelle épargne consacrer à ma prévoyance retraite ?
Avec l’allongement de la durée de la vie,
les héritages sont versés beaucoup plus tard que par le passé. Ainsi, la
majorité des héritiers perçoivent tout ou partie du patrimoine de ses parents après
le début de la retraite.
Cela amène à ne compter que sur soi et son
salaire. Idéalement, consacrez 20 % de votre salaire à l’épargne.
Cela vous procure deux avantages : en vous habituant à vivre avec
80 % de votre revenu, vous ne ressentirez quasiment aucune douleur lors du
passage à la retraite et surtout, vous pourrez réaliser des projets plus
importants à moyenne échéance.
Un premier bilan
À ce stade, vous avez défini vos grands
objectifs de vie et vous savez si vous deviendrez ou non propriétaire. Restez
quand même flexible, vous pourriez changer d’avis…
Consacrer 5 % de votre rémunération ou une trentaine de pour cent de votre épargne pour la prévoyance est raisonnable avec des lacunes faibles. À l’opposé, si vous êtes arrivés tardivement sur le marché du travail ou si vous vous réveillez à la dernière minute, n’hésitez pas à doubler cette partie.
Retenez bien que chaque situation nécessite
une réponse individuelle. Si vous pensez passer votre retraite en dehors de la
Suisse, une rente de retraite plus faible pourra faire l’affaire. Méfiez-vous
quand même de vos convictions et de vos envies actuelles, surtout si elles sont
éloignées de 15 ans, 20 ans ou plus de l’échéance discutée.
Lors d’un prochain article, je reviendrai
sur l’utilité d’épargner au travers du deuxième et du troisième pilier ainsi
que sur l’ordre de priorité à accorder aux versements.
Cet article a été posté en tant qu’invité sur le site investir.ch dont je vous recommande vivement la lecture. Vous y trouverez de nombreuses analyses sur l’économie, l’immobilier ou encore la prévoyance dans notre pays.
Apprenez en plus sur la planification de votre retraite tout en économisant beaucoup d’impôts !
Vous pouvez y arriver en dix ans seulement.
Dans les articles précédents sur l’AVS et le deuxième pilier, nous avons vu, à travers l’exemple de Luc et de Marie, la perte à laquelle notre couple peut s’attendre en anticipant de deux ans leur retraite. Voyons maintenant comment ils peuvent planifier leur retraite pour faire face à ces défis.
Pour
rappel, Luc et Marie ont actuellement 53 et 54 ans. Du fait de leur différence
d’âge, Luc aura 63 ans lorsque Marie en aura 64. L’idée de Luc est de prendre
sa retraite deux ans en avance sur la retraite ordinaire de 65 ans afin qu’ils
puissent commencer à profiter en même temps de leur « nouvelle vie ».
Dans
les grandes lignes, et en procédant ainsi, l’AVS et le deuxième pilier de Luc
seront amputés de 13,6% par rapport à la retraite légale, et ce, à vie. Nous
avons également vu que le revenu de notre couple à la retraite sera équivalent
à moins de 50% de leur revenu actuel (16’700.- francs bruts aujourd’hui contre
7’806.- demain).
Notez que même si Luc ne prenait pas de retraite anticipée, et bien qu’ils aient tous les deux travaillé et cotisé toute leur vie, leur revenu de retraite serait proche des 50% de leur revenu actuel ! Une bonne raison pour planifier sa retraite à l’avance.
Heureusement, Luc et Marie anticipent de dix ans leur retraite, ce qui leur laisse le
temps de planifier un atterrissage « en douceur ». Tentons de voir
ici, comment Luc et Marie pourraient se préparer efficacement à cette baisse
soudaine de revenu.
Revenu versus train de vie
En
planifiant votre retraite, vous devez chercher des chiffres de référence pour y
voir clair et pour trouver la bonne direction.
Dans
le cas de Luc et de Marie, nous connaissons deux chiffres intéressants :
leur revenu actuel de 16’700.- mensuel et leur revenu probable de retraite de
7’806.-.
À
votre avis, quelle autre donnée pourrait les aider à combler leur lacune de
revenu à la retraite ?
C’est
leur train de vie ou autrement dit, leur budget. Ils ne dépensent pas
forcément ce qu’ils gagnent : épargne, impôts, charges sociales… autant de
« dépenses » qui n’auront pas le même poids à la retraite.
Faire
un budget est primordial lorsque l’on planifie sa retraite. Et bien que la vie soit
remplie de surprise, il existe toute une série de charges fixes ou peu
variables qui sont facilement identifiables.
À
vrai dire, le budget est la pierre angulaire, à tout âge, d’une bonne
planification financière.
Tentons
maintenant de mettre en lumière ces dépenses.
Les charges encore présentes à la retraite.
L’un
des postes que notre couple continuera de payer à la retraite est l’assurance
maladie. Vous pouvez prendre vos factures actuelles et les augmenter du
chiffre exorbitant de 4,12% par année d’ici à votre retraite.
Pour
vous donner un ordre d’idée : si vous payez 8’400.- par année aujourd’hui pour
la LAMal et les complémentaires, vous payerez demain 12’600.-. Il faut également
ajouter pour un grand nombre de complémentaires les paliers d’âges propres à
chaque assureur.
Pour vos autres dépenses courantes comme les assurances choses, vos courses, les habits, le loyer si vous êtes locataire, les frais de votre maison si vous êtes propriétaire, l’énergie, les communications… vous pouvez prendre vos chiffres actuels et appliquer une inflation de 1,1% par an (inflation officielle moyenne des 40 dernières années. 100.- aujourd’hui vaudra 111.- et des poussières dans dix ans).
Si
vous êtes propriétaire,
vous devriez avoir les moyens d’effacer votre dette à la retraite. Aussi, vous
avez peut-être actuellement la possibilité de renégocier pour longtemps et
au-delà de votre retraite, votre dette hypothécaire. Prenez votre coût renégocié.
Par prudence, et si vous n’avez pas la possibilité de changer votre charge d’intérêt, vous pouvez prendre le taux hypothécaire moyen historique de 4,5%. Ce taux sert de référence aux prêteurs (banques et assurances) pour le calcul de la faisabilité hypothécaire.
**Astuce hypothécaire**
Je
peux vous proposer en ce moment des taux exceptionnels aux environs de 1% sur
25 ans, avec une quasi-absence de contrainte en cas de résiliation avant
l’échéance. C’est
de mon point de vue révolutionnaire dans le monde suisse de l’hypothèque et
cela permet de planifier sereinement l’effacement de sa dette.
Les charges qui disparaîtront ou qui seront diminuées à la retraite :
En
réalisant votre budget, vous identifierez également des charges qui n’auront plus
lieu d’être. Ce sont les dépenses liées au travail comme les charges
sociales, les frais de voiture ou les abonnements de transports publics ou les
frais liés aux enfants qui auront quitté la maison.
Les
autres « dépenses » que vous pourrez éliminer concernent votre
épargne. En effet, si vous avez vécu suffisamment prudemment, vous n’aurez
plus à rembourser de dette immobilière. De fait, l’amortissement de la dette
hypothécaire, et vos troisièmes piliers seront clos.
Enfin, les impôts ne seront plus basés sur votre revenu du travail (16’700.-
mensuel pour Luc et Marie), mais sur votre nouveau revenu de retraite (7’806.-
dans notre exemple).
Attention
toutefois à ne pas les sous-estimer : beaucoup de dépenses ne seront plus
déductibles :
épargne en 3e pilier, rachat de 2e pilier, dépenses liées
à l’activité professionnelle, présence des enfants à la maison, etc. Luc et
Marie payeront vraisemblablement plus de 1’100.- d’impôts par mois sur Lausanne
(!) en l’absence de fortune. Leur taux moyen d’imposition passera de 19% à 14%.
Les nouvelles dépenses de retraite à planifier.
A
contrario de ce que nous venons de voir et selon le mode de vie que vous
choisirez, de nouvelles dépenses pourront s’ajouter. Elles sont cependant
difficiles à prévoir.
Vous
aurez probablement 50% de revenu en moins, mais 100% de temps en plus qu’il faudra bien occuper.
Passer
du temps avec vos petits-enfants, au théâtre ou au musée ne vous coûtera pas
excessivement cher. Il n’en sera pas de même pour les voyages, la location d’un
appartement (si vous vendiez votre maison par exemple) ou la location d’une
résidence secondaire qu’il faudra anticiper.
**Astuce**
Si
vous vous êtes habitué tôt à vivre avec 80% de votre revenu net, il sera facile
de passer la marche de la retraite sans consommer votre épargne trop
rapidement.
Vous
pourriez vous passer d’un budget dans le cas où vous décideriez volontairement
d’épargner 20% à 30% de votre revenu, tout au long de votre vie, et ce quoiqu’il
arrive.
Si vous cherchez à acquérir l’indépendance financière, vous pourriez adopter un mode de vie un peu plus frugal que la moyenne de vos contemporains en épargnant jusqu’à 40%, voir 50%… de vos revenus. En investissant cette épargne, vous gagnerez tôt en liberté financière.
Effacer sa lacune de retraite
Luc
et Marie ont réalisé leur budget et ont identifié que sans leurs enfants, ils
dépenseront environ 9’000.- par mois, soit 1’200.- de plus que ce qu’il est
prévu de gagner (7’806.-).
Grâce
aux taux hypothécaires actuellement bas, ils décident de figer leur loyer sur
25 ans soit jusqu’à leurs 80 ans. Leur dette leur coûtera environ 500.- par
mois. Une belle économie de réalisée si l’on regarde les 1’300.- qu’ils
payaient jusqu`à aujourd’hui.
La
combinaison de ces éléments leur permet dès lors d’épargner 2’500.- par mois
(30’000.- par année) et ce malgré la présence des enfants aux études supérieures
(ils ont commencé à épargner dès la naissance des enfants pour ce poste).
Notons
que leur maison des années 60 aura probablement des frais importants dans les
années qui viennent (chaudière, façade). Ce poste est également à planifier.
Planifier sa retraite et structurer son épargne.
Notre
couple décide de maximiser les économies d’impôts et va répartir son épargne
sur trois axes à raison de 10’000.- par poste (30’000.- d’épargne divisée par 3
postes = 10’000.-)
Réaliser des travaux dans sa maison.
Tout
d’abord, ils vont garder des liquidités pour faire face aux travaux de la
maison en y consacrant 10’000.- par an.
Avec
cette épargne de 120’000.- sur dix ans, ils pourront changer la chaudière,
refaire les façades et améliorer quelques pièces comme la cuisine et les salles
de bain. Grâce aux économies d’impôts qu’ils réaliseront au fur et à mesure des
années, ils pourront garder une réserve supplémentaire pour d’éventuels aléas
ou travaux dans plusieurs années.
En
procédant ainsi, et en mettant à jour leur maison, ils se donnent la possibilité
de revendre leur bien assez facilement et pourraient donc changer leurs plans à
tout moment.
Racheter son deuxième pilier.
Planifier sa retraite passe souvent par le rachat du deuxième pilier. Luc et Marie ont la possibilité de racheter 120’000.- sur leurs caisses de pension. Cela tombe bien, car racheter sa caisse de pension dans les 10 dernières années de sa vie active est très intéressant en ce qui concerne les économies d’impôts et le rendement.
Ils
pourront donc consacrer 10’000.- de leur épargne annuelle pour les rachats.
Ici,
il faut distinguer la partie d’épargne qui ira dans la partie obligatoire LPP (qui
servira une rente à 6,8%) de la partie qui ira dans le surobligatoire (servant
une rente plus faible de 5,25%).
Grâce
à ces rachats, ils augmenteront leur revenu de retraite de 500.- par mois.
Notez
aussi que l’économie d’impôt qui résultera de ce rachat se montera à 3’500.-
par année (!) soit 35’000.- sur dix ans.
Maximiser son 3e pilier « A ».
Qu’est-ce que planifier sa retraite sans le 3e pilier ? Luc et Marie mettront le maximum déductible en 3e pilier « A ». En 2020, chaque salarié affilié à un deuxième pilier a le droit d’épargner 6’826.- par année sous la forme d’un troisième pilier lié à la retraite. Ils pourront mettre 13’652.- sous cette forme chaque année.
Pour
se faire, ils consacreront les 10’000.- d’épargne disponible additionnée des 3’500.-
d’économies d’impôts réalisées grâce aux rachats des deuxièmes piliers.
Cerise
sur le gâteau, cette structure d’épargne leur apporte encore 4’400.- d’économie
d’impôt supplémentaire ! En combinant le rachat du deuxième pilier et
l’épargne en 3e pilier, ils réaliseront chaque année près de
8’000.- d’économie d’impôts soit 80’000.- sur dix ans. À laquelle il faudra
ajouter les économies réalisées grâce aux travaux dans la maison.
Ils
privilégieront des comptes de 3e pilier bancaires et investis afin
de viser un rendement faible, mais conservateur aux environs de 2,5% moyen
annuel.
À
leur retraite, cette épargne se montera aux environs de 136’000.- net d’impôts
et leur apportera environ 600.- par mois de revenu supplémentaire.
**Astuce**
Lors
du retrait du capital de 3e pilier, un impôt « de sortie »
sera prélevé. Afin de casser la progression fiscale et de baisser cet impôt, Marie
(ou Luc) retirera son 3e pilier une année avant sa retraite.
Ils
économiseront ainsi 25% de cet impôt de sortie !
Un arrêt récent (2019) du tribunal fédéral confirme et valide cette pratique 🙂
Un plan d’épargne en fonds flexible
Enfin, le solde des économies d’impôts réalisées d’environ 400.- mensuel sera épargné dans un plan d’épargne en fonds. Notre couple pourrait aller chercher 3% ou 4% de rendement par an.
Planifier sa retraite peut aussi passer par une épargne libre, flexible et disponible à tout moment.
Luc
et Marie pourront également verser à leur bon vouloir dans ce plan la réserve
non dépensée des travaux de la maison.
Cette
épargne supplémentaire de 400.- mensuel représentera environ 55’000.- grâce à
laquelle ils pourront augmenter leur revenu de retraite de plus ou moins 200.-
par mois.
Le résultat de cette planification retraite
En
maximisant leur épargne, leurs économies d’impôts et tout en cherchant le bon
compromis entre le rendement et le risque, leur lacune de retraite de 1’200.-
sera allégrement comblé.
De
plus, leur maison sera dans un état impeccable, ce qui leur permettra de garder
toute la flexibilité et la liberté dont ils pourront avoir besoin.
Une
bonne planification doit rester flexible, mais être volontaire. Chaque
situation est unique. Faites-vous accompagner par un conseiller financier pour
ne rater aucune économie d’impôt et planifier correctement votre retraite 😉
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avez aimé cet article ? Faites-le savoir en le partageant à votre
entourage !
Vous souhaitez vous constituer un troisième pilier ? Vous ne savez pas par où commencer ? Lisez ceci, ce n’est pas très compliqué !
Lors des
derniers épisodes, nous avons vu le fonctionnement du premier et du deuxième
pilier. Je vous propose ici de résumer les lacunes du système des trois piliers
puis de voir les points importants à considérer pour vous construire un
troisième pilier intelligent.
AVS : le système est mort, vive le système !
L’AVS
est un système de répartition dont les jours sont probablement comptés.
La cause
majeure en est la démographie. La génération du baby boom a construit sa
retraite sur le fait que leurs enfants la payeront. Ils n’ont toutefois pas
fait suffisamment de bébés pour pérenniser ce système…
Aujourd’hui,
baby est devenu papy et d’ici à 2030, le dernier d’entre eux sera passé à la
retraite.
Les
graphiques ci-dessous sont sans équivoque. L’idée de la solidarité retraite
entre les générations, idée qui a émergé au début du XXe siècle (belle
pyramide) ne fonctionnera bientôt plus (pyramide inversée en 2045).
Deuxième pilier : Taux négatifs et allongement de la durée de vie, ça vous parle ?
Nous avons vu dans les articles précédents sur le deuxième pilier que chaque travailleur épargne pour lui-même et récupère à la retraite ses avoirs sous forme du capital ou sous forme de rente mensuelle à vie. Enfin ça, c’est « sur le papier ». En effet, le deuxième pilier fait face à deux facteurs dommageables.
Les intérêts négatifs, ou quand la notion de sécurité disparaît
Les intérêts négatifs, persistants depuis près de dix
ans, forment le facteur d’actualité le plus néfaste à la pérennisation de nos
caisses de pension. Le capital de votre caisse est majoritairement placé en
obligations, en actions et en immobilier. Lorsque vous entendez parler de taux
nuls ou négatifs, comprenez que c’est la part historiquement la plus
sécuritaire qui est impactée : les obligations.
Afin de
maintenir un rendement positif, les caisses de retraite se sont massivement
rapatriées sur l’immobilier suisse, l’avantage étant d’encaisser un revenu
régulier via les loyers. Le hic est que, répondant au jeu de l’offre et de la
demande, les prix de l’immobilier se sont envolés, faisant proportionnellement
s’effondrer les rendements (loyers).
Les
obligations et l’immobilier représentent, selon les caisses, de 50% à 80% de
leur fortune ! Vous comprenez ici leur difficulté à générer du rendement…
pour vous.
Dans la même veine, l’absence de rendement « oblige » certaines caisses à prélever du capital aux travailleurs actuels afin de verser des rentes aux retraités. En toute transparence, et à la rédaction de cette série d’articles, je ne vous cache pas que ma surprise a été grande. Effectivement, c’est le but même du deuxième pilier qui est remis en cause ici ! Une épargne individuelle qui se transforme en épargne collective.
une partie de la génération du baby boom va percevoir plus de rente à la retraite que ce qu’elle a cotisé pendant sa vie de travail
Une histoire de taux de conversion
Le second facteur préjudiciable est l’allongement de la durée de la vie. Bonne nouvelle, nous vivons plus longtemps en bonne santé. Et plus nous vivons longtemps, plus nous avons des chances de vivre… encore plus longtemps. 🙂
Lors de
la création du deuxième pilier, dans les années 1970, l’espérance de vie à la
naissance était inférieure à 79 ans pour les femmes et à 72 ans pour les
hommes. Aujourd’hui, elle est de 85.4 ans pour les femmes et de 81.7 ans pour
les hommes.
les rentes étant servies à vie, une partie de la génération du baby boom va percevoir plus de rente à la retraite que ce qu’elle a cotisé pendant sa vie de travail.
C’est l’espérance de vie qui a permis de fixer le taux de conversion actuel de 6.8%. Appliqué sur le capital, il fixe le montant de la rente. Révisé pour la dernière fois en 2005, il permet de distribuer le capital pendant 14.7 ans dès le départ en retraite, amenant les femmes à 78.7 ans et les hommes à 79.7 ans. Dans la réalité actuelle, le versement de la rente continue après 14.7 ans… au même taux et ce même si vous vivez 85 ans, 90 ans, 100 ans ou plus.
En toute
« logique mathématique », il devrait être proche des 6%.
Les différentes réformes portant sur la baisse de ce taux ont été refusées par le peuple. Notez qu’il est uniquement appliqué sur la partie légale définissant le minimum LPP, le taux sur la partie sur-obligatoire étant à la libre appréciation de la caisse. Vous trouvez ici plus de détail sur le deuxième pilier.
L’espérance de vie à la naissance était inférieure à 79 ans pour les femmes et à 72 ans pour les hommes. Aujourd’hui, elle est de 85.4 ans pour les femmes et de 81.7 ans pour les hommes.
À 65 ans, votre espérance de vie grimpe à 87.5 ans si vous êtes une femme et à 85 ans si vous êtes un homme. Plus vous vivez vieux, plus vous vivez… vieux ! 🙂
Exemples concrets du taux de conversion et des taux négatifs
En ce
qui concerne les taux négatifs :
prenons un salarié qui arrive aujourd’hui à la retraite avec un million de
franc de capital. Ce million est globalement composé de 50% d’épargne et de 50%
de rendement. A carrière et revenu égaux, son fils ou sa fille arrivera à la
retraite avec seulement 500’000.- francs, montant composé majoritairement d’épargne
(rendement très faible). Sa retraite sera donc deux fois plus petite.
Pour le taux de conversion : mettons que vous arrivez à la retraite avec 500’000.- de capital. Multipliez 6.8% de prélèvement par ce capital et vous trouvez votre rente annuelle de 34’000.-. En ponctionnant ce montant chaque année, votre capital serait théoriquement éteint après 14.7 ans. Dans les faits, et pour le moment, vous continuez de le percevoir.
Pourquoi faire un troisième pilier ?
Nous
l’avons vu, l’AVS est « mort » et le deuxième pilier se fait attaquer
par les intérêts négatifs et l’allongement de la durée de vie.
Autant
de problèmes qui incitent à se constituer une épargne supplémentaire. Afin
d’augmenter votre épargne retraite, vous êtes libre de constituer un troisième
pilier « lié à la retraite » et déductible de vos impôts. C’est ce
qu’on appelle le troisième pilier A.
Si vous
êtes salarié cotisant à un deuxième pilier, vous pouvez épargner au maximum le
montant de 6’826.- francs tandis que si vous êtes indépendant sans caisse de
pension, le maximum est de 34’128.- (chiffres de 2019).
Au vu de
la situation, se constituer ou non un troisième pilier n’est pas tellement une
question à se poser. Les questions à se poser sont plutôt de savoir combien je
dois épargner, comment je le constitue de manière intelligente, comment je peux
l’adapter à mes besoins et à mes objectifs de vie. C’est à l’ensemble de ces
questions que nous allons tenter de répondre.
Oui mais le troisième pilier, ce n’est pas pour moi !
J’entends
souvent : « de toute façon, je ne vivrai pas jusqu’à la retraite
alors autant vivre et tout dépenser maintenant ». Précisons que c’est bien
votre moi qui a de grandes chances de vivre de 65 à 85 ans et plus. Vous
pourriez vous poser la question : est-ce que je veux vraiment m’infliger
une retraite à 40% ou à 50% de mon train de vie actuel ? Faites les comptes
sérieusement : divisez votre revenu par deux et regardez si ça fonctionne
avec votre train de vie.
Quel montant épargner dans mon troisième pilier ?
La solution est assez simple : il « suffit » de s’habituer à vivre avec 5% de revenu en moins dès son premier travail et ce jusqu’à la retraite. Vous pourriez par exemple enlever 5% de loisirs, 5% de restaurants, 5% d’iPhone et 5% de vacances… et mettre cette épargne sur votre 3e pilier pour pouvoir ainsi, aisément, continuer à consommer 80% de loisirs, 80% de restaurants, 80% de vacances… à la retraite 😉
Cette règle des 5% est une bonne
indication si vous commencez tôt votre troisième pilier, c’est à dire dès votre
premier emploi.
Par exemple, si vous commencez à travailler à 25 ans avec un revenu de 5’000.-
brut, vous pourriez mettre 250.- chaque mois en troisième pilier. Si quelques
années plus tard, votre revenu augmente à 7’000.-, vous pourriez augmenter
votre épargne à 350.- par mois et ainsi de suite.
Si vous
attendez vos 45 ans, vous loupez le plus
grand atout qui tourne en votre faveur : le temps. En effet, lorsque vous
placez un capital, il travaille pour vous. C’est ce qui forme les intérêts composés : les intérêts
font des intérêts, qui font à leur tour des intérêts et ce sur de longues
années.
Pour illustrer mon propos, prenons le cas de Jean qui épargne 3’000.- par année dès ses 25 ans et comparons-le à Pierre, qui décide tardivement (à ses 45 ans) d’épargner le maximum de 6’826.-. A un taux de rendement moyen annuel de 3%, Jean récupérera 235’990.- et Pierre 195’746.-. C’est pourtant Pierre qui a mis le plus d’argent de sa poche…
Dans tous les cas, et peu importe votre âge, il est encore suffisamment tôt pour se poser la question et commencer à épargner.
Quel rabais d’impôts grâce à mon troisième pilier ?
Ajoutez
que vous obtiendrez un rabais d’impôt sur le montant épargné. Il est difficile
de vous dire précisément combien puisque qu’il dépendra de votre situation
personnelle. Prenons deux exemples :
Un salarié célibataire vivant à Lausanne avec un revenu brut de 5’000.- mensuel économisera environ 710.- d’impôts sur les 3’000.- de troisième pilier qu’il épargne, soit près de 24%. Un beau rendement 🙂
Un couple marié avec deux enfants, vivant à Lausanne et gagnant 17’000.- brut mensuel économisera environ 4879.- d’impôts sur les 13’652.- (2 fois 6’826.-), soit le montant maximal qu’ils sont autorisés à épargner en troisième pilier, ce qui représente près de 36% d’économie fiscale !
D’accord, mais comment je fais un troisième pilier ?
Avant de
choisir un troisième pilier, il est vivement recommandé de procéder à une
analyse globale de votre situation financière et de réfléchir un minimum à vos
objectifs de vie. Cela vous aidera à y voir plus clair et vous permettra de
faire le bon choix.
Votre
troisième pilier peut prendre la forme d’un dépôt bancaire ou d’une assurance
sur la vie.
Bien que
le but soit le même (constituer une épargne pour la retraite), le chemin pour y
arriver est différent.
Le troisième pilier bancaire
Dans une
banque, vous épargnez sur un dépôt, tout en restant dans la limite légale
annuelle. Ce dépôt peut être à rendement nul ou investi avec des perspectives
de rendements variables. Comptez entre 2% et 5% en moyenne annuelle. Certaines
années peuvent être négatives et inférieures à cette moyenne (comme 2008) et
d’autres au dessus (comme 2017). C’est la moyenne qui importe. Plus vous aurez
du temps devant vous, plus vous pourrez aller chercher du rendement.
Le troisième pilier assurance
Dans une
assurance, vous épargnez et profitez également de couvertures d’assurance telles
que la libération du paiement des primes, d’un capital en cas de décès ou
encore d’une rente invalidité. Évidemment, ces prestations d’assurances ont un
coût et une comparaison entre diverses
compagnies et différents produits est judicieuse.
Le
troisième pilier assurance est, pour simplifier, un copié-collé du
fonctionnement du deuxième pilier.
La libération du paiement des primes vous donnerait l’occasion
d’arrêter votre cotisation en cas d’invalidité liée à une maladie ou à un
accident. L’assureur épargnerait à votre place, vous permettant de toucher
votre capital à la retraite.
Le capital décès est assez évident à comprendre et
pourrait servir à rembourser votre dette hypothécaire par exemple.
Quant à la rente d’invalidité, elle permettrait
de toucher un revenu complémentaire aux deux premiers piliers en cas de maladie
ou d’accident à long terme.
Toutes
ces prestations ont un intérêt évident pour protéger votre famille et votre patrimoine, notamment immobilier.
Dans la même veine qu’un dépôt bancaire, une assurance peut être investie ou non. Une assurance classique sera rémunérée non pas à 0% mais au taux magnifique et réglementé de 0.25% annuel, alors qu’une assurance investie pourra aller chercher des rendements compris entre 2% et 5% sur du long terme. Enfin, notez que certains assureurs offrent une garantie minimum de capital à la retraite, indépendamment des rendements effectués pendant la durée d’assurance.
Je choisis quoi ?
Il existe autant de réponses que d’individus. Les critères sont nombreux et personnels : style de vie, envie de devenir propriétaire, montant de la dette hypothécaire, enfants et famille à protéger, lacunes existantes dans les premiers et deuxièmes piliers…
C’est un travail de planification financière à proprement parler. Vous pouvez vous faire aider. Si vous souhaitez vous constituer un troisième pilier intelligent, contactez moi 😉 raphael.battu@maretraite.ch
Quelques pistes de réflexion :
Si votre
fortune est déjà faite et que vous n’avez pas besoin de couvertures
complémentaires pour vous protéger ou protéger votre famille d’une invalidité
ou d’un décès, privilégiez le dépôt bancaire.
Par
expérience, si votre épargne annuelle est élevée (deux fois ou plus la limite
des 6’826.-) et que votre revenu dépasse le salaire couvert par les deux
premiers piliers (environ 100’000.- annuels), l’assurance sera souvent
judicieuse. Elle vous permettra de vous focaliser sur vos autres épargnes plus
flexibles tout en sécurisant votre famille et votre patrimoine.
Un mix
banque-assurance peut également offrir des avantages.
Pour ce
qui est des rendements, si votre horizon de temps est inférieur à cinq, voir à
dix ans, privilégiez un compte rémunéré à …0%. Ce n’est pas joyeux, mais cela
aura le mérite de vous protéger d’une mauvaise année type 2008. A contrario, si
vous avez du temps devant vous et un minimum de propension à l’investissement,
vous pouvez vous orienter vers un compte avec une proportion d’actions
importantes.
Je vous
invite à vous faire conseiller et assister pour faire le bon choix. Privilégiez du sur-mesure !
J’y vois plus clair, mais la vie n’est pas figée ! Comment je peux adapter mon troisième pilier à mes besoins et à mes objectifs de vie ?
Bonne question 🙂
D’abord,
sachez que si l’utilisation première du troisième pilier est la retraite
légale, il existe quelques dérogations. Vous pourriez utiliser votre capital de
troisième pilier ou votre police d’assurance dans les cas suivants :
Vous vous lancez comme indépendant,
Une retraite anticipée de cinq ans précédant l’âge légal,
Financer l’achat de votre résidence principale,
Faire des travaux apportant une plus value à votre résidence principale,
Vous en avez marre des montagnes ? Vous souhaitez partir vivre sous les palmiers ? Le départ à l’étranger fait partie des dérogations.
Votre banquier vous prête de l’argent pour acheter votre résidence principale mais vous demande une garantie : vous pouvez nantir (mettre en garantie) votre troisième pilier.
Enfin,
vous pouvez ouvrir jusqu’à cinq comptes ou assurances de troisièmes piliers.
J’y vois plusieurs avantages : flexibiliser l’utilisation de vos
troisièmes piliers, diversifier votre épargne et casser la progression fiscale
à la retraite lors du retrait du capital.
Pour conclure
Se
constituer un troisième pilier intelligent et sur mesure nécessite de faire un bilan
de votre patrimoine et demande une réflexion sur vos objectifs de vie. Je vous
recommande également de réévaluer et d’adapter régulièrement votre situation
afin de garder une cohérence entre votre vie et votre patrimoine.
Si l’un
de vos collègues, amis ou membres de votre famille n’a pas encore de troisième
pilier, faites-lui suivre cet article, il vous sera certainement reconnaissant.