Quelles solutions pour compléter sa retraite ?

Le financement de l’AVS est à peu près assuré jusqu’en 2030. Les récentes études menées par le Crédit Suisse et par la Raiffeisen montrent que les futurs retraités, âgés aujourd’hui de 30 à 50 ans, percevront 30% à 50% de leur rémunération actuelle.

À la retraite, les sources de revenus principales resteront le premier et le deuxième pilier. Le premier devra être revu sous l’effet d’une démographie défavorable pour les jeunes tandis que le deuxième fait déjà face aux défis de l’allongement de la vie et aux taux d’intérêt bas en vigueur.

Dès lors, comment envisager une retraite sereine ? Quelles actions introduire immédiatement ? Combien épargner ? Quel train de vie viser à la retraite ?

Autant de questions qui méritent une réponse individuelle ! Je vous recommande de vous faire accompagner par un conseiller financier indépendant. Ce dernier vous aidera à mettre en place un plan pour le long terme. Vous devrez le réviser régulièrement afin qu’il colle au plus près de votre vie, de vos envies et de vos projets personnels. Garder une certaine flexibilité se révèle important. Nous ne sommes pas des robots et nos souhaits peuvent évoluer.

Quel train de vie à la retraite ?

C’est la question la plus difficile, je crois. Toutefois et si vous vous plaisez aujourd’hui dans votre vie, vous pouvez partir du principe que le niveau de vos dépenses actuelles sera assez similaire à la retraite.

Établir un budget vous permettra d’y voir plus clair et contribuera à détecter les frais devenus inutiles ou moindres à la retraite. Vous pouvez identifier ici les prélèvements sociaux (inexistants pour le moment sur les rentes de retraite), les impôts (qui seront plus faibles puisque vos revenus seront plus bas), les coûts des enfants (qui auront probablement quitté la maison) ou encore l’épargne devenue superflue.

Des charges telles que celles liées au travail disparaîtront, mais de nouvelles dépenses pourront rapidement les compenser (voyages, restaurants….).

L’un dans l’autre, vous pouvez estimer comme raisonnable de tabler sur 70% à 80% de votre gain actuel. Vous devrez donc financer la différence qui peut grimper jusqu’à 50% (!) de votre train de vie d’aujourd’hui (80% nécessaire moins 30% attendu).

Les basiques de la prévoyance

Je ne vais pas m’attarder sur les deux éléments « de base » que sont le rachat du deuxième pilier et la cotisation au troisième pilier. En plus de constituer un capital pour le long terme, ces deux piliers offrent des rabais fiscaux qui augmentent votre capacité d’épargne.

Comme je l’ai écrit ici, le rachat de 2e pilier peut être favorisé dans les dernières années de travail (dès 50 ans) tandis que le 3e pilier devrait démarrer le plus tôt possible, c’est-à-dire dès le premier travail. Et ce même si le montant économisé est faible.

Les intérêts composés (le rendement) doivent vous aider à faire croître votre capital et à gagner du temps. Vous ne devriez jamais investir en dessous du taux d’inflation de long terme. Cette dernière, additionnée des coûts de détention des avoirs vous reviens au moins à 2% l’an sur les 20 dernières années. Un compte de 3e pilier « placé » à 0% de vos 25 ans à vos 65 ans vous fera perdre plus de 33% de pouvoir d’achat ! Et cela ne vous a sans doute pas échappé, l’inflation est encore plus élevée en ce moment. Votre 3e pilier et votre 2e pilier devraient vous offrir des rentabilités intéressantes sur le long terme et supérieures à 2%.

Vous n’avez malheureusement que peu de choix de placement dans le 2e pilier, mais pour vos 3es piliers (oui, vous pouvez en détenir plusieurs), vous pouvez facilement réaliser 3% à 5% par an bon an mal an.

Petit commentaire personnel quant au rendement minimum légal du 2e pilier : avec un taux de couverture historiquement haut et les bonnes rentabilités de la décennie passée, le conseil fédéral devrait sans aucun doute augmenter le bénéfice minimum servi aux assurés !

Acheter sa résidence principale

Moins évident au premier abord, devenir propriétaire de sa résidence principale permet de financer une partie du manque à gagner à la retraite. Cet achat entraîne deux conséquences. La première, d’ordre psychologique, réside dans le poids de la dette qui appelle à épargner pour être remboursée, au moins partiellement, à un moment ou à un autre. La seconde, d’ordre financier, permet, sur le long terme, d’économiser des charges et donc d’augmenter son épargne, avec un effort moindre qu’en étant locataire. Vous pourriez en effet baisser vos charges de logement d’environ 40% grâce aux taux bas, et ce, malgré des prix de marché élevés. J’en parle ici.

Prenons l’exemple d’une famille locataire qui paye un loyer de 3’000.- par mois. L’économie de 1’200.- francs mensuels (40% de 3’000.-) réalisée grâce à un achat pourra être consacrée à son épargne et à ses investissements sans modifier son train de vie. Alors oui, vous n’obtiendrez que peu d’avantages à rembourser votre dette directement, mais vous avez tout intérêt à capitaliser pour y faire face à la retraite ou lors de la prochaine échéance.

Votre épargne devra donc être investie. C’est là que nous arrivons au thème principal de cet article : construire une épargne liquide.

Épargne disponible et rentable

Si vous cherchez à compléter votre retraite, ou à l’anticiper de quelques années, je ne saurai que trop vous recommander de constituer un capital investi sur le moyen et le long terme.

Au-delà de la retraite, vous tirerez plusieurs avantages à procéder ainsi. D’abord, vous disposerez de réserves supplémentaires pour faire face aux imprévus de court terme.

Ensuite, et selon le montant que vous épargnerez, vous financerez des projets de moyen terme en limitant autant que possible le recours aux leasings ou aux crédits coûteux. Les thèmes courants du moyen terme (5 à 15 ans) sont l’achat de véhicules, le financement de périodes sabbatiques et de grands voyages, les études de vos enfants et, selon la situation, le remboursement partiel d’une dette hypothécaire devenue trop chère ou trop importante.

Enfin, dans les projets de long terme supérieurs à 15 ans, vous pouvez classer la retraite anticipée et les échéances de dettes longues. Retenez que l’interprétation des concepts « moyen » et de « long » terme restent relatives et peuvent varier en fonction de votre situation personnelle. À 55 ans, le long terme correspond typiquement à la dernière ligne droite avant la retraite, c’est-à-dire aux dix prochaines années.

Une épargne en fonds de placement

Épargner régulièrement dans un portefeuille de fonds de placement est sans aucun doute la manière la plus abordable et la plus sûre pour se construire un patrimoine sur du moyen long terme.

Cette épargne qui consiste en un « compte d’épargne plus », travaille sur des périodes généralement supérieures cinq ans.

Selon vos besoins, vous pourriez même attribuer un portefeuille avec un horizon de temps défini pour chacun de vos projets. Sur la base de votre épargne mensuelle, une structure cohérente pourrait par exemple ressembler à cela :

  • Un quart de l’épargne pour remplacer la voiture dans 5 ans et constituer une réserve de sécurité pour les travaux dans la maison,
  • Une moitié pour financer une année sabbatique dans 5 à 7 ans et les études des enfants dans 12 ans,
  • Le dernier quart pourrait être attribué au financement de votre retraite ordinaire ou anticipée.

La flexibilité et la disponibilité sont les autres avantages d’un plan d’investissement en fonds. La vie appelle à rester agile. Vos placements doivent donc s’adapter à vous et non l’inverse. Si vous devez baisser ou augmenter vos mensualités, si vous avez besoin d’argent plus rapidement que prévu, ou tout simplement si vous changez vos plans, il reste très facile d’ajuster les stratégies à la nouvelle donne.

Dans une série d’articles à venir, je me pencherai sur ces avantages, sur les points importants auxquels prêter attention (objectifs, horizon de temps, volatilité, types d’actifs, diversification…) et sur les manières d’implémenter cette épargne en fonction de votre situation personnelle.

Cet article a été posté en tant qu’invité sur le site investir.ch dont je vous recommande vivement la lecture. Vous y trouverez de nombreuses analyses sur la finance, l’économie, l’immobilier ou encore la prévoyance dans notre pays.

Rééquilibrer votre patrimoine après votre achat immobilier

Vous venez d’acheter votre résidence principale et votre patrimoine ressemble plus à un champ de bataille qu’à un serviteur en ordre de marche ?

C’est le moment parfait pour « penser long terme ». Dans 10 ans, 15 ans ou 20 ans, vous devrez faire face à l’échéance de votre dette. Deux inconnues se présenteront à vous : l’évolution du niveau des taux d’emprunt et des prix du marché immobilier.

Ces deux facteurs pourront influencer positivement ou négativement votre rythme de vie (budget mensuel) et votre patrimoine.

L’avenir, cet inconnu

Prenons un coût d’emprunt hypothécaire qui reviendrait à sa moyenne historique des 170 dernières années, soit 4.5% au terme de votre contrat. Dans ce cas, votre charge d’intérêts serait multipliée par trois ou quatre en comparaison du niveau actuel. Si dans le même temps vous faites « face » aux études de vos enfants ou au début de votre retraite (probablement 50% de revenu en mois), ce serait vite la galère. Vous devriez rogner sur votre épargne ou sur l’un ou l’autre poste de votre budget (vacances, voiture, sorties, habillement, etc.).

Une solution pour conserver un train de vie stable consisterait à rembourser les trois quarts de votre emprunt. Dans la réalité, vous arbitreriez certainement entre un remboursement anticipé et une hausse des coûts hypothécaires. Je vous laisse effectuer le calcul pour votre situation. Avec un facteur 4 et une dette de 800’000.-, vous devriez amortir 600’000.- pour maintenir inchangé votre rythme de vie.

L’effet ciseau : taux d’emprunt / prix de marché immobilier

Voyons maintenant l’effet de l’autre inconnue, à savoir l’évolution des cours de l’immobilier. Si les prix montent : pas de problème, vous pourriez même emprunter plus ! C’est notamment la réalité pour ceux qui ont acheté il y a dix à vingt ans. Dans le cas contraire, si les prix affichent -30% ou -40% (scénario extrême, il faut bien le préciser) à l’expiration de votre crédit, vous pourriez vous retrouver handicapé. Ce phénomène n’a rien de grave à long terme, mais si l’année 1992 se pointe pile au renouvellement de votre dette, votre créancier vous demandera de diminuer votre prêt avant de discuter d’une possible prolongation hypothécaire du montant restant.

Un exemple simple : mettons que vous avez acquis récemment votre maison 1 million de francs grâce à un emprunt de 800’000.-, soit le maximum généralement admis de 80%. L’effet de levier fonctionne ici en sens inverse. Avec un marché inférieur de 30%, vous devriez rembourser 240’000.- pour revenir dans « les clous » des 80% avant de pouvoir espérer proroger le crédit restant de 560’000.-. Votre prêteur pourrait vous demander de rembourser cette différence, et ce, même avant l’échéance de votre contrat. C’est ce qui s’est produit aux États-Unis pendant la crise des subprimes et en Suisse dans les années 1990. C’est d’ailleurs inscrit dans les petites lignes des crédits hypothécaires.

Notez que ces deux phénomènes peuvent avoir lieu en même temps puisque les hausses de taux ont comme effet de mettre sous pression les emprunteurs hypothécaires et donc par effet domino les prix de l’immobilier. Au vu du niveau actuel des taux, ce scénario n’a rien d’hypothétique.

L’importance des réserves de liquidités

Maintenant que vous savez quoi anticiper à long terme, il convient d’auditer votre patrimoine après l’achat et les derniers travaux. Vous devez remettre de l’ordre.

Le plus urgent consiste à reconstruire vos réserves de liquidités. Vous trouvez un article sur le sujet ici. Retenez qu’une réserve équivalente à quatre mois de dépenses hors impôts et charges sociales suffit à faire face aux pépins courants. Je vous recommande d’y ajouter les frais probables des deux ou trois prochaines années (chaudière, voiture…).

Une fois votre épargne de sécurité reconstituée, vous redevenez libre de vous orienter vers le moyen et le long terme.

Disponibilité versus immobilier

En injectant tout ou partie de votre patrimoine dans votre résidence principale, vous avez transformé certains avoirs très liquides (cash, portefeuille d’investissement…) en actif immobilisé (c’est-à-dire votre résidence ou votre appartement). Vous ne pourrez pas vendre quelques pierres de la maison pour récupérer des francs suisses en cas de besoin.

C’est le moment pour recommencer (ou commencer) un plan d’épargne. Ce dernier aura le mérite d’être rentable et mobilisable rapidement. Des fonds de placements, des actions, des obligations, des métaux précieux ou des matières premières peuvent le constituer.

Outre la disponibilité et le rendement, vous aurez l’avantage de diversifier votre fortune.

Ray Dalio, le fondateur de Bridgewater Associates, fonctionne avec des principes clairs de diversification. A son image, une de mes règles en investissement consiste à limiter le poids d’un secteur (immobilier ici) à 75% au maximum de tout mon patrimoine. À vous de fixer votre propre norme « sécuritaire ». Dans ce cadre 75/25, je serai théoriquement en mesure de résister à une baisse des prix immobiliers de l’ordre de 30%.

Retenez ici que si une grosse partie de votre patrimoine manque de liquidité, vous devriez prioritairement le diversifier avec des actifs non corrélés, rentables à long terme et disponibles en tout temps.

Le systématisme et la vision à long terme

Rome ne s’est pas construite en un jour… et l’épargne que vous avez accumulée pendant de nombreuses années avec comme objectif de devenir propriétaire est, en quelque sorte, à recommencer. Réjouissez-vous : tout continue maintenant. Acheter son habitation est le palier le plus difficile, car le « ticket d’entrée » est élevé en Suisse. Grâce à la « baisse de loyer » que vous avez normalement réalisée en devenant propriétaire, vous devriez directement passer à la deuxième étape de votre plan « liberté » : vous émanciper rapidement de votre prêteur.

La quasi seule façon de vous construire un patrimoine en recommençant à « zéro » est d’épargner systématiquement, mois après mois. Le principal avantage de cette stratégie est de faire fi des aléas émotionnels liés à notre propre nature ou à des facteurs externes tels que la volatilité des marchés financiers.

Pour conclure, je vous invite évidemment à vous faire coacher par un planificateur financier neutre et indépendant. Faire appel à un conseiller financier n’est pas une question de taille de patrimoine, mais plutôt une « envie d’éviter certaines erreurs ». Votre coach pourra vous accompagner pour trouver votre hypothèque, mettre en place le plan d’amortissement exigé par le prêteur et vous aider à construire de manière optimale votre patrimoine sur le long terme.

Cet article a été posté en tant qu’invité sur le site investir.ch dont je vous recommande vivement la lecture. Vous y trouverez de nombreuses analyses sur la finance, l’économie, l’immobilier ou encore la prévoyance dans notre pays.

Immobilier : pourquoi augmenter sa dette hypothécaire ?

Si vous êtes propriétaire de votre bien immobilier depuis plusieurs années ou si vous avez déjà remboursé une grande partie de votre dette hypothécaire, cet article pourrait vous intéresser.

J’y aborde les intérêts tant financiers que fiscaux dont vous pourriez bénéficier en augmentant votre hypothèque.

Quand puis-je augmenter ma dette hypothécaire ?

Deux situations permettent d’augmenter votre hypothèque : lorsque la valeur de votre bien s’est appréciée dans le temps, et/ou si vous avez remboursé une partie de votre dette dans le passé.

Dans le premier cas, votre domicile a pris de la valeur tandis que l’emprunt est resté inchangé. Par exemple, une maison achetée 100 en 2005 vaut 180 aujourd’hui alors que la dette est demeurée stable à 80 (80% des 100.- de l’époque). Ici, et à condition de respecter la faisabilité, vous pourriez augmenter votre hypothèque à 80% du nouveau prix du bien (soit 144) ou au 2/3 si vous êtes à la retraite (soit 120). Dépasser les 80% d’endettement sur la valeur actuelle de votre propriété n’est pas vraiment possible (hormis cas spécifique comme le nantissement d’actifs).

Dans le second cas, et en ayant partiellement remboursé votre dette durant les années passées, vous pourriez réfléchir à l’accroître. Ici aussi vous devrez respecter la faisabilité.

Voyons maintenant quelques cas intéressants qui se prêtent à l’augmentation de la dette. Dès que nous parlons endettement, il convient de faire attention à ce que vous pouvez supporter comme niveau de dette et d’utiliser intelligemment et précautionneusement cet argent nouveau. Vous devrez probablement le réduire ou le rembourser un jour.

Des travaux grâce à sa dette hypothécaire

La situation la plus « simple » et la plus fréquente qui me vient à l’esprit consiste à réaliser des travaux. Pour faire bref, vous pouvez distinguer deux grandes catégories de travaux : la rénovation et les plus-values. Le traitement fiscal de ces deux postes diffère d’ailleurs considérablement.

Les travaux de rénovation consistent généralement à remplacer un élément vieillissant par un élément « identique », mais plus récent. Vous pourrez déduire ces travaux de votre revenu imposable. En réalisant 50’000.- de travaux de rénovation, vous pourriez réduire votre revenu fiscal d’autant et économiser 10’000.-, 20’000.- ou plus d’impôts (ce montant dépend de vos revenus et de votre taux marginal d’imposition, et s’établit aux environs de 20% à 40% du montant fiscalement admis).

Les travaux qui apportent des plus-values peuvent améliorer l’existant ou servir à agrandir votre surface habitable. D’un point de vue fiscal, c’est moins intéressant que les rénovations. Vous ne pourrez pas déduire les plus-values de votre revenu taxable, mais uniquement de l’impôt sur le gain immobilier lors de la revente de la maison. Le montant des économies fiscales sera plus bas et, si vous restez propriétaire de votre bien toute votre vie, vous n’en verrez jamais la couleur. Mais on ne construit pas son patrimoine uniquement d’un point de vue fiscal.  Sur le canton de Vaud par exemple, vous pourrez économiser 9% des plus-values en revendant votre logement principal après 10 ans (soit 4’500.- épargnés pour 50’000.- de plus-values).

Vous pourriez aussi bénéficier de différentes subventions (communale, cantonale et fédérale) en améliorant le chauffage ou l’isolation. Emprunter pour réaliser des travaux de rénovation et de plus-values vous offrira ainsi un double ou un triple avantage.

Racheter sa caisse de pension

Racheter des années dans votre caisse de pension est une solution présentant un potentiel intéressant. Cette étape mérite une analyse individuelle de votre situation pour évaluer correctement les montants, la faisabilité et les gains espérés.

Je crois ici qu’un exemple sera plus parlant. Supposons que vous ayez la possibilité de racheter 100’000.- dans votre caisse et que votre hypothèque actuelle vous permette de l’augmenter de ce montant.

En procédant ainsi, vous pourriez économiser jusqu’à 40’000.- d’impôts. Évidemment, cela dépendra de votre revenu imposable.

Je vous donne une astuce : procédez au rachat sur trois ou quatre années afin de maximiser le gain fiscal. Vous opterez également pour une telle solution dix ou quinze ans avant votre retraite afin de maximiser le rendement global (économie fiscale + rendement des avoirs dans la caisse). Je vous renvoie à cet article sur l’utilité de racheter sa caisse de pension.

Dans la même veine, rembourser votre caisse (remettre l’argent sorti dans le passé pour acheter votre résidence principale par exemple) pourrait devenir une bonne solution. Ce n’est pas le gain fiscal que vous recherchez dans un premier temps, mais l’augmentation de votre futur revenu de retraite. Procéder ainsi vous ouvrira potentiellement la voie des rachats fiscalement déductibles comme évoqué plus haut.

Par exemple, à l’orée de la retraite, vous décidez d’emprunter 100’000.- sur 15 ans, au taux de 1.26% annuel (coût de 1’260.- par an) et vous augmentez votre retraite de 4’000.- à 6’000.- par année selon votre caisse. Vous achetez ainsi de la « tranquillité » jusqu’à vos 80 ans…

Investir dans un portefeuille d’actifs

En rachetant votre caisse de pension, vous investissez de manière « facile » (vous ne gérez rien) et vous économisez des impôts. Mais vous pourriez aussi investir dans un portefeuille d’actifs (actions, obligations, fonds immobiliers, métaux précieux…).

Ici, l’idée reste la même que le rachat de la caisse, gain fiscal en moins, mais rendement potentiel plus élevé et disponibilité rapide du capital si besoin.

Les principaux propriétaires immobiliers de Suisse (fonds de pensions, assureurs, banques) procèdent ainsi et il vaut largement la peine de les copier. Le but est d’emprunter sur un actif à peu près stable (votre bien immobilier) et d’investir le fruit de l’emprunt, à moyen ou à long terme, dans des actifs plus volatils mais plus rentables.

Une analyse individuelle est fortement recommandée ici et cette stratégie n’est pas forcément adaptée à tout le monde. L’idée revient à emprunter à un taux bas (0.99% sur 10 ans ou 1.26% sur 15 ans) pour investir à un taux de rendement espéré plus élevé de l’ordre de 2% à 5% par année, voire plus.

Investir dans un immeuble de rendement

Une façon analogue de faire levier sur votre bien principal consiste à acquérir un immeuble de rendement. Les établissements financiers se montrent généralement plus enclins à accepter cette situation.

Du fait de la rentabilité faible et du manque de liquidité inhérents à un tel placement, investir dans l’immobilier de rendement en Suisse nécessite de mon point de vue un patrimoine assez « important ». Les amoureux de la pierre vous diront le contraire. 🙂 L’avantage peut toutefois résider dans un niveau de risque identique (emprunter sur l’immobilier pour acheter de l’immobilier).

Vous pourriez dès lors songer à vous tourner vers des pays voisins où le niveau de fonds propres requis est nettement plus faible qu’en Suisse. Avec une bonne recherche, vous bénéficierez également de rendements plus élevés. Prévoyez toutefois de fuir les capitales régionales telles que Paris, Lyon ou Bordeaux par exemple afin de ne pas tomber dans le même travers (prix et fonds propres élevés).

Retenez que le marché des capitaux offre plus de liquidités : si dans le futur vous aviez besoin de diminuer votre endettement, vous pourriez être forcé de vendre votre bien de rendement. À contrario, une vente partielle de votre portefeuille d’investissement pourrait suffire pour réduire votre dette immobilière.

Investir dans son entreprise

« Ray, tu as pris une hypothèque sur notre maison. On pourrait tout perdre. »

Cette citation est tirée de l’excellent film « Le Fondateur » avec Michael Keaton. Ce film retrace le parcours entrepreneurial de Ray Kroc qui a racheté McDonald’s pour bâtir la chaîne de restaurants que nous connaissons tous.

Au cinéma, l’utilisation de l’hypothèque pour monter sa boîte ou soutenir sa croissance est souvent mal vue. C’est pourtant une source de financement à considérer sérieusement. Les règles de prudence (montant emprunté, durée, taux…) s’appliquent ici encore plus qu’ailleurs, car la faillite reste un facteur possible. Cela me fait dire qu’un emprunt élevé serait à considérer sur une entreprise stable et régulière tandis qu’un montant plus modeste pourrait convenir au lancement d’une affaire.

Alors vous ne monterez peut-être pas le nouveau Mc Donald’s, mais vous devriez examiner ce point si vous êtes entrepreneur. Comme on dit : « le meilleur investissement c’est vous. »

Acheter sa voiture grâce à sa dette hypothécaire

Nous quittons le monde de l’investissement pour entrer dans celui des biens de consommation. Vous ne pouvez pas de mon point de vue mettre sur un pied d’égalité l’épargne grâce à l’emprunt et l’achat d’une automobile ou d’un tour du monde par exemple.

Les seules raisons qui m’invitent à envisager le financement de ce type de projet par la dette, résident (1) dans l’intérêt de payer « à crédit » son envie plutôt que de désinvestir une partie de son portefeuille qui apporte un rendement et, (2) que les revenus du travail ou des rentes de retraites à venir dans les prochaines années soient assurés afin de vous débarrasser de cette nouvelle dette.

Ici nous pouvons imaginer emprunter à court terme (trois ou cinq ans) le montant nécessaire, tout en pratiquant un amortissement direct, c’est-à-dire en diminuant chaque année ce nouveau crédit jusqu’à l’éteindre totalement à l’échéance. Évidemment, cette partie de l’article demeure « vrai » tant que les taux restent bas. Il vous en coûtera entre 0.6 et 0.8% d’intérêts par année selon la durée.

Généralités

Retenez que peu importe l’utilisation du nouvel emprunt, vous pourrez déduire les intérêts de votre revenu et ainsi baisser vos impôts.

Pour ce qui concerne l’investissement, l’idée de base consiste à emprunter à taux inférieur au rendement que vous espérez dégager de vos placements. C’est faire levier que d’agir ainsi.

Pour conclure, gardez en mémoire que détenir de la dette n’est pas anodin. Les taux peuvent monter et le bien immobilier qui sert de sous-jacent (garantie) peut voir sa valeur baisser. Il convient de mesurer les tenants et les aboutissants d’un emprunt. Votre prêteur pourrait également refuser l’augmentation de l’hypothèque.

Continuez votre lecture et apprenez-en plus sur le remboursement de la dette dans cet article.

Contactez-moi si vous cherchez une hypothèque adaptée à votre situation.

Cet article a été posté en tant qu’invité sur le site investir.ch dont je vous recommande vivement la lecture. Vous y trouverez de nombreuses analyses sur l’économie, l’immobilier ou encore la prévoyance dans notre pays.