À l’approche de la retraite, certaines décisions sont irréversibles… et leur impact peut durer 20 à 30 ans.
Faut-il vendre son bien immobilier ? Retirer son 2e pilier en capital ou en rente ? Comment maintenir un revenu confortable après 55 ans ?
Ces questions reviennent régulièrement lors de mes rendez-vous avec mes clients. Pourtant, trop peu de gens prennent le temps d’y réfléchir en profondeur.
C’est pourquoi j’organise un webinaire gratuit le mardi 8 avril à 20h00.
🎯 Au programme :
• Résidence principale : faut-il la vendre à la retraite ou la garder ?
• 2e pilier : capital ou rente, quelle option choisir et pourquoi ?
• Revenus passifs : comment générer un revenu sans dépendre uniquement de votre caisse de pension ?
Ce webinaire s’adresse à vous si :
✅ Vous avez entre 50 et 65 ans
✅ Vous êtes propriétaire ou avez un 2e pilier conséquent
✅ Vous souhaitez sécuriser vos revenus à long terme
✅ Vous voulez une stratégie patrimoniale solide, sereine et indépendante
Ah les impôts ! Voilà un élément sans doute aussi vieux que le monde. Nous connaissons la fiscalité sur le revenu et sur la fortune, mais savez-vous qu’une taxe frappe vos capitaux de prévoyance lors du versement ? Et vous ne pourrez pas l’éluder, que ce soit sur le 2e ou sur le 3e pilier. Voyons donc le coût de ce prélèvement et les solutions pour le réduire.
L’impôt comme base de l’État
Du financement de la liturgie dans la Grèce antique, à la très contemporaine Taxe sur la Valeur Ajoutée, tout en passant par la gabelle du Moyen-âge, la fiscalité a en tout temps reflété l’activité des hommes et de l’économie au sein de la cité.
Tantôt juste, tantôt injuste, il semble toujours avoir été ardu d’y échapper.
Aujourd’hui, nous pouvons éventuellement les réduire ou voter de leur utilité, mais difficilement les éviter sans nous voir accuser d’évasion ou, pire, de fraude fiscale. La différence entre ces deux termes très suisses mériterait d’ailleurs un article dédié.
Revenons à la tonte de nos moutons, c’est-à-dire à la taxe qui frappe le retrait des avoirs de retraite formés par le 2e et le 3e pilier.
L’impôt sur le capital de prévoyance – de quoi parlons-nous ?
Lorsque vous arriverez à la retraite, vous aurez l’opportunité de récupérer tout ou partie de votre épargne du 2e pilier et l’obligation de « sortir » vos liquidités de 3es piliers.
Ce faisant, vous devrez vous acquitter d’une contribution unique sur l’avoir perçue. Cette taxe, majoritairement déterminée par votre lieu de résidence, est un impôt sur le revenu, mais dit « séparé » des autres revenus que sont vos salaires, vos rentes de pension (1er et 2e piliers) et encore vos recettes du patrimoine (loyers, dividendes, coupons).
Vous pourriez crier à l’injustice, mais l’exonération de l’impôt sur le revenu dont vous avez bénéficié durant vos années de travail sur ces épargnes plaide en votre faveur. Vous devriez ainsi vous en sortir gagnant puisque la somme à verser à l’administration au moment de la retraite sera beaucoup plus faible que l’impôt sur le revenu ordinaire. Disons que pour faire simple, il vous en coûtera entre le cinquième et le tiers du taux d’impôt sur le revenu.
Bonne nouvelle pour les chanceux qui prennent leur retraite maintenant : vous profitez de baisses substantielles dans les cantons de Vaud (depuis 2022) et de Fribourg (depuis 2023). Certains cantons cherchent en effet à conserver les jeunes rentiers sur leurs terres et à éviter le tourisme fiscal. Nous y reviendrons plus loin.
L’impôt sur le capital c’est combien ?
Les bénéficiaires de ce prélèvement sont dans l’ordre d’importance : les cantons, les communes, les paroisses puis le gouvernement fédéral.
L’évaluation de la taxe dépend de plusieurs paramètres. Les deux principaux éléments pris en compte dans le calcul sont votre lieu de résidence et le montant de l’épargne à recevoir.
Votre état civil, votre confession et le fait d’avoir des enfants peuvent également jouer un rôle dans l’estimation.
Une généralisation à l’échelle de la Suisse est ardue, mais ce prélèvement est la plupart du temps progressif. En bref, le pourcentage augmente en fonction de la somme perçue.
Voyons quelques exemples d’impôts pour une personne mariée* :
exemples d’impôts pour une personne mariée
Astuce pour baisser l’imposition : échelonner les versements.
Une astuce pour limiter l’enveloppe fiscale peut consister à étaler les versements dans le temps.
L’âge légal de retraite vous permettant d’empocher vos épargnes de retraite dès 60 ans, vous pourriez retirer vos 3es piliers sur une période de 5 ans, c’est-à-dire entre 60 et 65 ans. Ceci n’est valable que pour le 3e pilier puisque vous ne pourrez percevoir vos capitaux de 2e pilier uniquement à la retraite effective.
Afin d’illustrer mon propos, prenons l’exemple d’un résident lausannois qui détient deux troisièmes piliers de 100’000.- chacun. Il pourrait payer 8’200.- d’impôts en étalant les versements sur deux années plutôt que sur une seule. Notre citadin économiserait ainsi une trentaine de pour cent de la somme soit 3’730.- (8’200.- versus 11’930.- pour un retrait la même année).
L’opération a toutefois une limite. Certaines administrations fiscales peuvent en effet retraiter a posteriori les perceptions de capitaux comme faisant partie d’une unique et même opération en annulant in fine le gain obtenu.
Astuce bis : déménager
Dans le déménagement, nous imaginons deux situations distinctes : les personnes qui vont dans un canton plus avantageux avant la retraite et ceux qui quittent la suisse pour l’étranger après la retraite.
Déménager dans un canton plus favorable
Attention là aussi à une éventuelle requalification de la part des impôts. Si vous ne partez qu’un court moment (c’est-à-dire que vous revenez dans le canton quitté peu de temps après), l’administration pourrait décider que vous n’avez déménagé que dans le seul but de pratiquer une évasion fiscale. Et ce faisant vous demander (enfin, vous obliger serait le terme plus adéquat…) de régler votre contribution chez eux. Le canton qui vous a accueilli quelques mois pourrait même collaborer et verser l’impôt déjà perçu à votre canton d’origine. Puis vous payeriez la différence due.
Récemment et comme nous l’avons vu plus haut, Vaud et Fribourg ont réduit les taux d’impôts afin d’abaisser les inégalités de traitement et d’éviter ce tourisme fiscal.
Quitter la Suisse
En partant vivre votre retraite à l’étranger, une autre solution s’offre à vous. Comme vous l’avez compris, c’est votre localité qui détermine l’impôt. Mais si vous n’êtes plus résident suisse lors du retrait du capital, c’est l’adresse de la fondation de prévoyance qui établit le lieu de taxation. Par exemple, si votre deuxième pilier est déposé dans une fondation vaudoise, c’est l’impôt du canton de Vaud qui s’appliquera tandis que si votre argent est dans une institution à Schwyz, c’est dans ce dernier que vos avoirs seront traités.
Selon les endroits, vous n’aurez pas d’impôt communal à payer, le fédéral étant quant à lui dû dans tous les cas.
Conclusion
Vous le voyez : quelques remèdes existent pour limiter les prélèvements obligatoires sur le capital de prévoyance. Toutefois, et comme je le dis souvent, c’est votre raison d’être qui commande la structure de votre patrimoine et surtout pas le point de vue fiscal.
Vos objectifs propres dictent avant tout la solution à privilégier. À combien se chiffrent vos rentes, quels sont vos besoins mensuels, ou souhaitez-vous vivre à la retraite, ou résident vos enfants et vos petits-enfants, à combien s’élèvent vos dettes hypothécaires… sont sans doute des questions plus pertinentes à se poser ! Bien avant la fiscalité.
Ces questions vous amèneront naturellement au choix rationnel à prendre quant au montant du retrait ou sur la composition globale de votre patrimoine à la retraite.
Si vous souhaitez bénéficier d’une retraite sereine, contactez-moi. Après une analyse de votre situation et une revue de vos objectifs personnels, nous déterminerons le capital nécessaire à prélever de votre caisse de pension puis nous structurerons ensemble votre patrimoine afin d’en profiter pleinement et longtemps.
Cet article a été posté en tant qu’invité sur le site investir.ch dont je vous recommande vivement la lecture. Vous y trouverez de nombreuses analyses sur la finance, l’économie, l’immobilier ou encore la prévoyance dans notre pays.
* Calcul avec les critères suivant : 65 ans, marié, sans enfant à charge, confession catholique romaine,
Outils :
Pour les calculs j’ai privilégié le site de l’Administration fédérale des contributions, mais vous pouvez également vous rendre sur le site de Postfinance qui est très simple à utiliser. Vous constaterez éventuellement des écarts de montant d’impôts minimes selon la situation.
Le financement de l’AVS est à peu près assuré jusqu’en 2030. Les récentes études menées par le Crédit Suisse et par la Raiffeisen montrent que les futurs retraités, âgés aujourd’hui de 30 à 50 ans, percevront 30% à 50% de leur rémunération actuelle.
À la retraite, les sources de revenus principales resteront le premier et le deuxième pilier. Le premier devra être revu sous l’effet d’une démographie défavorable pour les jeunes tandis que le deuxième fait déjà face aux défis de l’allongement de la vie et aux taux d’intérêt bas en vigueur.
Dès lors, comment envisager une retraite sereine ? Quelles actions introduire immédiatement ? Combien épargner ? Quel train de vie viser à la retraite ?
Autant de questions qui méritent une réponse individuelle ! Je vous recommande de vous faire accompagner par un conseiller financier indépendant. Ce dernier vous aidera à mettre en place un plan pour le long terme. Vous devrez le réviser régulièrement afin qu’il colle au plus près de votre vie, de vos envies et de vos projets personnels. Garder une certaine flexibilité se révèle important. Nous ne sommes pas des robots et nos souhaits peuvent évoluer.
Quel train de vie à la retraite ?
C’est la question la plus difficile, je crois. Toutefois et si vous vous plaisez aujourd’hui dans votre vie, vous pouvez partir du principe que le niveau de vos dépenses actuelles sera assez similaire à la retraite.
Établir un budget vous permettra d’y voir plus clair et contribuera à détecter les frais devenus inutiles ou moindres à la retraite. Vous pouvez identifier ici les prélèvements sociaux (inexistants pour le moment sur les rentes de retraite), les impôts (qui seront plus faibles puisque vos revenus seront plus bas), les coûts des enfants (qui auront probablement quitté la maison) ou encore l’épargne devenue superflue.
Des charges telles que celles liées au travail disparaîtront, mais de nouvelles dépenses pourront rapidement les compenser (voyages, restaurants….).
L’un dans l’autre, vous pouvez estimer comme raisonnable de tabler sur 70% à 80% de votre gain actuel. Vous devrez donc financer la différence qui peut grimper jusqu’à 50% (!) de votre train de vie d’aujourd’hui (80% nécessaire moins 30% attendu).
Les basiques de la prévoyance
Je ne vais pas m’attarder sur les deux éléments « de base » que sont le rachat du deuxième pilier et la cotisation au troisième pilier. En plus de constituer un capital pour le long terme, ces deux piliers offrent des rabais fiscaux qui augmentent votre capacité d’épargne.
Comme je l’ai écrit ici, le rachat de 2e pilier peut être favorisé dans les dernières années de travail (dès 50 ans) tandis que le 3e pilier devrait démarrer le plus tôt possible, c’est-à-dire dès le premier travail. Et ce même si le montant économisé est faible.
Les intérêts composés (le rendement) doivent vous aider à faire croître votre capital et à gagner du temps. Vous ne devriez jamais investir en dessous du taux d’inflation de long terme. Cette dernière, additionnée des coûts de détention des avoirs vous reviens au moins à 2% l’an sur les 20 dernières années. Un compte de 3e pilier « placé » à 0% de vos 25 ans à vos 65 ans vous fera perdre plus de 33% de pouvoir d’achat ! Et cela ne vous a sans doute pas échappé, l’inflation est encore plus élevée en ce moment. Votre 3e pilier et votre 2e pilier devraient vous offrir des rentabilités intéressantes sur le long terme et supérieures à 2%.
Vous n’avez malheureusement que peu de choix de placement dans le 2e pilier, mais pour vos 3es piliers (oui, vous pouvez en détenir plusieurs), vous pouvez facilement réaliser 3% à 5% par an bon an mal an.
Petit commentaire personnel quant au rendement minimum légal du 2e pilier : avec un taux de couverture historiquement haut et les bonnes rentabilités de la décennie passée, le conseil fédéral devrait sans aucun doute augmenter le bénéfice minimum servi aux assurés !
Acheter sa résidence principale
Moins évident au premier abord, devenir propriétaire de sa résidence principale permet de financer une partie du manque à gagner à la retraite. Cet achat entraîne deux conséquences. La première, d’ordre psychologique, réside dans le poids de la dette qui appelle à épargner pour être remboursée, au moins partiellement, à un moment ou à un autre. La seconde, d’ordre financier, permet, sur le long terme, d’économiser des charges et donc d’augmenter son épargne, avec un effort moindre qu’en étant locataire. Vous pourriez en effet baisser vos charges de logement d’environ 40% grâce aux taux bas, et ce, malgré des prix de marché élevés. J’en parle ici.
Prenons l’exemple d’une famille locataire qui paye un loyer de 3’000.- par mois. L’économie de 1’200.- francs mensuels (40% de 3’000.-) réalisée grâce à un achat pourra être consacrée à son épargne et à ses investissements sans modifier son train de vie. Alors oui, vous n’obtiendrez que peu d’avantages à rembourser votre dette directement, mais vous avez tout intérêt à capitaliser pour y faire face à la retraite ou lors de la prochaine échéance.
Votre épargne devra donc être investie. C’est là que nous arrivons au thème principal de cet article : construire une épargne liquide.
Épargne disponible et rentable
Si vous cherchez à compléter votre retraite, ou à l’anticiper de quelques années, je ne saurai que trop vous recommander de constituer un capital investi sur le moyen et le long terme.
Au-delà de la retraite, vous tirerez plusieurs avantages à procéder ainsi. D’abord, vous disposerez de réserves supplémentaires pour faire face aux imprévus de court terme.
Ensuite, et selon le montant que vous épargnerez, vous financerez des projets de moyen terme en limitant autant que possible le recours aux leasings ou aux crédits coûteux. Les thèmes courants du moyen terme (5 à 15 ans) sont l’achat de véhicules, le financement de périodes sabbatiques et de grands voyages, les études de vos enfants et, selon la situation, le remboursement partiel d’une dette hypothécaire devenue trop chère ou trop importante.
Enfin, dans les projets de long terme supérieurs à 15 ans, vous pouvez classer la retraite anticipée et les échéances de dettes longues. Retenez que l’interprétation des concepts « moyen » et de « long » terme restent relatives et peuvent varier en fonction de votre situation personnelle. À 55 ans, le long terme correspond typiquement à la dernière ligne droite avant la retraite, c’est-à-dire aux dix prochaines années.
Une épargne en fonds de placement
Épargner régulièrement dans un portefeuille de fonds de placement est sans aucun doute la manière la plus abordable et la plus sûre pour se construire un patrimoine sur du moyen long terme.
Cette épargne qui consiste en un « compte d’épargne plus », travaille sur des périodes généralement supérieures cinq ans.
Selon vos besoins, vous pourriez même attribuer un portefeuille avec un horizon de temps défini pour chacun de vos projets. Sur la base de votre épargne mensuelle, une structure cohérente pourrait par exemple ressembler à cela :
Un quart de l’épargne pour remplacer la voiture dans 5 ans et constituer une réserve de sécurité pour les travaux dans la maison,
Une moitié pour financer une année sabbatique dans 5 à 7 ans et les études des enfants dans 12 ans,
Le dernier quart pourrait être attribué au financement de votre retraite ordinaire ou anticipée.
La flexibilité et la disponibilité sont les autres avantages d’un plan d’investissement en fonds. La vie appelle à rester agile. Vos placements doivent donc s’adapter à vous et non l’inverse. Si vous devez baisser ou augmenter vos mensualités, si vous avez besoin d’argent plus rapidement que prévu, ou tout simplement si vous changez vos plans, il reste très facile d’ajuster les stratégies à la nouvelle donne.
Dans une série d’articles à venir, je me pencherai sur ces avantages, sur les points importants auxquels prêter attention (objectifs, horizon de temps, volatilité, types d’actifs, diversification…) et sur les manières d’implémenter cette épargne en fonction de votre situation personnelle.
Cet article a été posté en tant qu’invité sur le site investir.ch dont je vous recommande vivement la lecture. Vous y trouverez de nombreuses analyses sur la finance, l’économie, l’immobilier ou encore la prévoyance dans notre pays.