Coronavirus : indépendants face au manque de liquidités

L’arrêt de l’activité empêche un grand nombre d’indépendants de percevoir ses revenus. La gestion de la trésorerie à court terme est un problème récurrent qui doit être anticipé.

Aujourd’hui, le coronavirus limite nos activités. Une grande partie des indépendants ont réduit leur temps de travail ou ont tout « simplement » tiré le rideau pour une période indéterminée. J’aimerai leur apporter une aide à mon niveau pour la gestion de leurs liquidités.

Dans une phase de stress aussi élevé, détenir suffisamment de liquidités est primordial.

Constituez deux à quatre mois de réserve

Qu’ils soient indépendants ou non, mes clients ont droit à ma litanie sur les réserves de cash qu’ils devraient se constituer pour les coups durs. Je leur recommande de détenir, sur leurs comptes courants ou épargne, deux à quatre mois de dépenses, nets de charges sociales et d’impôts.

Une personne seule ou un jeune couple sans enfant pourra se contenter de deux mois de réserves tandis qu’une famille ou un propriétaire devrait disposer de quatre mois de liquidités. Il faudrait également ajouter les dépenses certaines des prochains 36 mois, comme le remplacement d’une chaudière ou l’achat d’une nouvelle voiture.

Vous devriez appliquer cette règle en tant qu’indépendant, mais également en tant que salarié. En effet, si la crise devait se prolonger, tous seraient concernés par des baisses de revenus, du chômage partiel, voir par la perte d’activité.

En « temps normal », ces liquidités peuvent servir à payer des franchises élevées de caisse maladie, des dégâts dans la maison ou sur la voiture ou encore un mois de chômage sans salaire.

Bref, c’est un matelas de sécurité.

Depuis la fin février, les émotions se succèdent et s’amplifient au fur et à mesure des nouvelles peu rassurantes. L’une des inconnues est la durée de la crise.

À l’heure où j’écris ces lignes, la Suisse restreint nos libertés pour un mois. Mais le Conseil fédéral, de son propre aveu, apprend tous les jours et ne peut être affirmatif sur la suite des événements.

Pour vous aider à voir plus clair dans vos dépenses, je vous propose ici de remplacer les émotions par de la rationalité.

Faire un budget

En premier lieu, réalisez un budget. C’est le seul élément tangible et logique qui va vous permettre de prioriser vos dépenses.

Deux raisons plaident à l’établissement d’un budget : déterminer la part d’épargne disponible chaque mois afin de l’investir et définir le montant des dépenses mensuelles. Ces dernières permettent de fixer le niveau des réserves nécessaires (liquidités sur les comptes).

En multipliant la somme des dépenses mensuelles par deux ou quatre, vous déterminez le montant à mettre de côté.

Aujourd’hui il est évidemment trop tard pour constituer vos réserves. Toutefois, le budget devrait vous permettre d’y voir plus clair.

Je vous fournis quelques astuces ici :

  • Prenez 15 minutes avec votre conjoint. N’y consacrez pas plus de temps. Ici, vous devez simplement obtenir une idée cohérente de vos besoins mensuels.
  • Certains postes de dépenses peuvent vous sembler difficiles à évaluer. Réfléchissez en termes de semaine (pour les courses), de saison (pour les habits) ou établissez la moyenne des trois dernières années pour les vacances. De toute façon, nous ne pouvons plus partir en vacances 
  • Mensualisez vos dépenses en les divisant par 12 mois.
  • N’oubliez pas les impôts. 🙁

Vous trouvez un modèle de budget en cliquant sur l’image.

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Prioriser et éliminer les dépenses

Votre budget est fait ? Très bien. Étant donné que « nous sommes en guerre », comme dirait l’autre, il convient de hiérarchiser vos charges.

Les frais ménagers (courses) viendront évidemment avant les acomptes d’impôts, tout comme le loyer passera devant le renouvellement de l’abonnement de train.

En temps normal, le budget permet de repérer les dépenses inutiles. Profitez du temps contraint mis à disposition pour réaliser cet exercice. Et j’imagine qu’aujourd’hui beaucoup de choses vont nous sauter aux yeux comme étant superflues.

Éliminez ces dépenses superflues 😉

Reporter les dépenses

Maintenant que vous connaissez vos dépenses mensuelles, mettez-les en opposition avec vos réserves de liquidités. En vous mettant face à la réalité, vous vous trouverez rassurés ou inquiets.

Si le niveau de vos liquidités reste inférieur à deux mois, et que vous disposez de patrimoine liquide tel que des actions, des obligations ou des fonds de placement, désinvestissez-en une partie afin de les transformer en liquidités.

En priorisant des paiements, vous décidez sciemment d’ajourner certaines factures. Retenez que cela peut vous coûter de l’argent… plus tard !

Ne pas régler ses relevés de cartes de crédit ou ses acomptes d’impôts peut entraîner une majoration des intérêts.

Nous espérons tous ici une annulation totale des intérêts moratoires pour l’année fiscale 2020 ainsi que des conditions d’assouplissement exceptionnelles pour le paiement des impôts. À bon entendeur.

Pensez aussi à ne plus rien acquitter avant l’échéance. Payez vos factures à la limite des échéances !

Anticiper et demander des reports de paiements

Sollicitez également vos fournisseurs pour différer les paiements. Beaucoup vous offriront des délais supplémentaires seulement si vous les leur demandez 😉

Les gens et les entreprises se révèlent souvent pendant les périodes troubles. Par exemple, certains opérateurs téléphoniques pratiquent des gestes commerciaux suite à la propagation du virus et d’autres non… Souvenez-vous en quand tout sera revenu à la normale.

Faire un tableau des flux de liquidités

Vous pourriez également utiliser le tableau de flux de trésorerie que vous trouvez ci-dessous. Il vous permettra de mieux gérer vos disponibilités actuelles et futures.

En tant qu’indépendant, vous êtres probablement en attente de quelques créances à recevoir dans les prochains jours. Pensez à contacter vos clients afin de voir s’ils seront en mesure de vous payer. Cet argent viendra alors compléter vos liquidités.

Cliquez sur l’image pour télécharger le modèle Excel

Demandez SANS ATTENDRE de l’aide à l’état

Enfin, réclamez sans attendre les subventions auxquelles vous avez droit. Que vous deviez réduire le temps de travail de vos employés ou vous assurer un revenu, la Confédération et les cantons ont sorti l’artillerie lourde pour soutenir les indépendants et les entreprises. Il serait dommage et parfois préjudiciable de passer outre

L’Office fédéral des assurances sociales et les caisses de compensation seront vos interlocuteurs. La demande risque d’être longue et fastidieuse malgré l’allégement des démarches promis. C’est la raison pour laquelle vous devez agir maintenant !

Pour vous aider dans ce labyrinthe administratif, je joins quelques liens que j’ai glanés sur internet mais ils ne sont en aucun cas exhaustifs.

Office fédéral des assurances sociales

Secrétariat d’État à l’économie SECO

État de Vaud

Etat de Genève

Fédération des Entreprises Romandes

L’ordonnance « coronavirus »

Dans l’attente de jours meilleurs, je vous souhaite du courage et de la force pour vaincre cette période.

Prenez soin de vous et de vos proches.

Retraite : comment faire face au décès de son conjoint ?

Voilà un sujet qui s’il n’est pas planifié correctement peut ajouter de la complication à une situation douloureuse. Lors de la planification de la retraite, le décès du conjoint peut être problématique et la protection du partenaire survivant devrait systématiquement être étudiée. Savoir qu’un plan existe « au cas où » permettrait d’alléger la charge émotionnelle et d’éliminer l’insupportable inconnue.

Nous verrons dans un premier temps le montant des rentes versées par le premier et par le deuxième pilier, puis nous aborderons les éléments auxquels rester attentifs notamment vis-à-vis de la dette hypothécaire et de la succession.

Le premier pilier et le décès du conjoint

L’Assurance Vieillesse et Survivants (AVS) distingue la veuve du veuf et peut attribuer sous certaines conditions une « rente de survivant » au conjoint restant. Les femmes sont mieux loties que les hommes dans ce cas.

Un homme a le droit à une rente de veuf uniquement dans le cas où il aurait à charge un ou des enfants de moins de 18 ans.

Une femme a le droit quant à elle à une rente de veuve si elle a au moins un enfant (peu importe l’âge de l’enfant) ou dès lors qu’elle a plus de 45 ans au moment du décès du conjoint et lorsque leur mariage a duré plus de 5 ans.

Je vous rappelle que ce système date de 1948 et qu’à l’époque, l’épouse travaillait souvent à la maison, aux champs ou encore partiellement au magasin de monsieur. Bref, les femmes étaient très dépendantes des hommes. Il semblerait que beaucoup de votants pensent que nous sommes bloqués en 1948 J

Une femme divorcée peut également prétendre à une rente de veuve jusqu’à ce qu’elle se remarie. Plusieurs conditions existent pour obtenir cette rente notamment celle d’avoir été mariée au moins 10 ans et d’avoir plus de 45 ans au moment du divorce.

Les conjoints au bénéfice d’un partenariat enregistré sont considérés sous le régime du « veuf » tandis qu’un couple non marié ne jouit d’aucune reconnaissance au niveau de l’AVS.

À combien s’élève la rente de veuve à la retraite ?

Je passerai outre la rente de veuf qui est très rarement versée, et me concentrerai sur la rente de veuve.

À la retraite, un couple marié perçoit sa rente de couple AVS. Dans le cas ou monsieur viendrait à décéder, madame pourrait percevoir une rente de veuve.

Mais attention, deux rentes ne peuvent être versées simultanément (la rente AVS de l’épouse plus la rente de veuve). Seule la rente la plus élevée entre la rente de retraite de madame et la rente de veuve serait payée.

Notez également que la rente de veuve est dans tous les cas limitée au 80% de la rente de monsieur.

Quelques exemples pour y voir plus clair.

Supposons que madame perçoive 1’408.- francs par mois de l’AVS et monsieur 2’147.-. Dans ce cas, 80% est appliqués aux 2’147.- afin d’obtenir la rente de veuve potentielle qui se monterait à 1’718.-. Ce montant étant supérieur à la rente de madame, cette dernière recevrait la rente de veuve.

Dans un autre cas, si madame empoche une rente AVS plus élevée que celle de son conjoint, elle continuera de recevoir sa propre rente AVS.

Enfin, si monsieur perçoit la rente maximale AVS de 2’370.- mensuel alors la rente de veuve se monterait à 1’896.- (80% de 2’370.-).

Le deuxième pilier et le décès du conjoint

Les règles pour obtenir une rente de veuve ou de veuf du deuxième pilier sont identiques à celles de l’AVS.

Toutefois, nous sommes juridiquement dans les années 1970 lors de la création de la Loi sur la Prévoyance Professionnelle (LPP) et une plus grande liberté règne…

En effet, certaines caisses incluent dans leur règlement des prestations plus généreuses que ce que prévoit la loi. Renseignez-vous sur la pratique de votre caisse de pension et adaptez votre situation en conséquence !

Deuxième pilier : ce que dit la loi.

La LPP prévoit de verser, si les conditions sont remplies, une rente de veuve à hauteur de 60% de la pension de retraite que percevait le conjoint.

Ici, les allocations se cumulent contrairement à l’AVS : madame peut conserver son revenu LPP et percevoir en plus la rente de veuve LPP de monsieur.

Il faut évidemment que le choix de la rente eût été fait par monsieur lors du début de sa retraite. À défaut, le capital perçu lors de la prise de retraite aurait rejoint la fortune familiale et aucun droit ne pourrait plus découler de cet avoir LPP.

Si les conditions d’octroi, abordées au début de l’article, ne devaient être remplies, l’épouse pourrait recevoir une allocation unique égale à trois rentes annuelles.

LPP : Un exemple du droit à la rente de veuve.

Monsieur perçoit 3’500.- par mois de sa caisse de pension En cas de décès, son épouse, avec laquelle il a eu des enfants, toucherait une rente de veuve LPP de 2’100.- mensuel (60% de 3’500.-).

La caisse de pension de monsieur est aussi plus généreuse que la loi et permet le versement unique d’un capital de 100’000.-.

Des caisses de pension plus fortes que la loi0

Certaines institutions peuvent fournir des prestations plus larges que le minimum légal. C’est le règlement de la caisse qui donne des informations sur ce point.

Par exemple, votre deuxième pilier pourrait reconnaître votre concubin (en l’absence de mariage) et verser également une rente en cas de décès ou encore un capital.

Dans ce cas, un minimum de conditions est généralement exigé tel qu’une communauté de vie de cinq ans ou la présence d’enfant en commun. Certaines caisses peuvent même accepter d’autres bénéficiaires. Vérifiez ce point !

Le troisième pilier et le reste de votre fortune en cas de décès du conjoint.

Si vous avez franchi le seuil de la retraite, le 3e pilier n’existe plus sous cette forme. En effet, le capital que vous aurez épargné aura rejoint votre fortune personnelle. Ce serait également le cas de votre capital de 2e pilier si vous l’aviez privilégié à la rente.

Pour ce qui est du reste de votre patrimoine, il sera partagé entre les héritiers qui sont généralement formés de votre conjoint et de vos enfants.

La rédaction d’un testament ou d’un pacte successoral peut vous aider à la retraite à protéger d’un décès votre conjoint pour l’avenir, surtout si une bonne part de votre patrimoine est constitué par votre résidence principale, difficilement liquidable.

Une bonne planification retraite, réalisée avec l’aide d’un conseiller financier, doit vous permettre de protéger votre famille et vous assurer un avenir serein face aux différents aléas de la vie.

Sentez-vous libre de me poser des questions 😉

Prendre une retraite anticipée grâce à son deuxième pilier.

Découvrez l’impact d’une retraite anticipée sur votre deuxième pilier.

Nous avons vu ici quelle incidence peut avoir une retraite anticipée de deux ans sur la rente AVS. Je vous propose aujourd’hui de discuter de l’impact d’une retraite anticipée de deux ans sur le deuxième pilier.

Petit rappel sur le deuxième pilier.

Le deuxième pilier est une épargne « forcée » que vous constituez tout au long de votre carrière, via la caisse de pension de votre employeur. Cette épargne fait partie de votre fortune et vous sera versée à la retraite sous forme de rente ou de capital.

La Loi sur la Prévoyance Professionnelle (LPP) fixe un minimum de cotisation par tranche d’âge.

Selon le bon vouloir de la société qui vous emploie, vous pourriez cotiser le « minimum légal » ou un montant supérieur.

Notez que le deuxième pilier fait face à des défis structurels : l’allongement de la durée de vie, les taux bas et négatifs ou encore le nombre croissant de retraités. La LPP est et va continuer d’être sous pression à moyen long terme. Vous trouvez un article sur le sujet ici.

**Astuce : bien choisir son employeur.**

De nombreuses personnes croient que ce qui rend une caisse bonne est le niveau de répartition de l’épargne annuelle entre l’employeur et l’employé. La LPP stipule que les deux parties doivent cotiser à parts égales (moitié-moitié) dans la caisse de pension. Pour beaucoup de travailleurs, c’est le cas, mais certaines entreprises versent par exemple deux tiers des cotisations et le salarié épargne le tiers restant. Ce n’est pas forcément cette méthode qui vous est profitable.

Une caisse de pension peut présenter un intérêt lorsque l’employeur offre un plan supérieur au minimum légal.

Voyons un exemple simple : si vous gagnez 100’000.- francs par an, votre employeur a l’obligation de calculer votre épargne retraite sur 60’435.- de revenu uniquement (chiffre 2020). Un plan plus généreux que le minimum légal peut être de cotiser sur la base des 100’000.- de revenu. Et ce, même si vous devez en payer la moitié. 🙂

Vous trouvez plus d’informations sur « comment bien choisir son employeur » ici.

Le taux de conversion du deuxième pilier.

La retraite ordinaire est fixée à 65 ans pour les hommes et à 64 ans pour les femmes. Vous trouvez le montant de votre rente et de votre capital espérés à cet âge sur votre certificat de prévoyance annuel. Vous y trouverez également le montant de votre capital accumulé à ce jour.

Vous trouvez ici un exemple pour vous aider à décortiquer votre certificat.

Le niveau de votre rente de retraite est en général déterminé par le capital attendu à votre retraite. Pour déterminer le niveau de rente, on applique un pourcentage sur le capital. C’est le taux de conversion.

Votre capital (et la rente qui en découlera) est « découpé » en deux grandes parties. La première dépend du minimum légal selon la LPP et est soumise au taux de conversion de 6,8%, tandis que la seconde partie, dépassant le minimum légal et appelé surobligatoire, est traitée à un taux de conversion librement choisi par la caisse, par exemple 5,25%.

Marie et Luc ont la cinquantaine et souhaitent prendre leur retraite dans dix ans.

Reprenons notre « couple exemple » de l’article précédent : Luc et Marie.

En ce qui concerne leurs deuxièmes piliers, Luc disposera vraisemblablement d’un capital de 700’000.- à ses 65 ans et Marie de 250’000.- à ses 64 ans.

Les 700’000.- de Luc sont formés de 300’000.- selon le minimum LPP et de 400’000.- de capital surobligatoire. La part LPP lui servira une rente de 1’700.- mensuel (300’000.- converti à 6.8% soit 20’400.- annuel), tandis que le capital surobligatoire serai converti à 5,25% pour une rente de 1’750.- par mois (21’000.- par année).

Au total, Luc aura le droit à 3’450.- par mois de son deuxième pilier.

Marie quant à elle voit son capital de fonds de pension traité uniquement par la LPP et converti au taux légal de 6.8%. Sa rente s’élèvera donc à 1’416.- par mois (17’000.- par an).

Ensemble, Luc et Marie percevront 4’866.- mensuel en provenance du second pilier.

Le taux selon la LPP de 6,8% est en théorie figé par la loi. Toutefois et au vu des défis à venir, il est possible qu’il vienne à être revu, même pour les personnes déjà en retraite.

La retraite anticipée et le deuxième pilier

Nous avons vu qu’en prenant une retraite anticipée de deux ans, soit à 63 ans, Luc verra sa rente AVS diminuer de 13.6% par an et à vie.

Venons-en maintenant aux possibilités de retraite anticipée via le deuxième pilier.

La LPP ne prévoit pas de retraite anticipée. Toutefois, le règlement de votre caisse peut le prendre en compte et vous permettre de percevoir votre rente (ou votre capital) en avance.

Si votre caisse le permet, votre rente sera, tout comme l’AVS, plus basse que celle de la retraite ordinaire.

Notez que certaines caisses incluent la possibilité, grâce au rachat volontaire, de financer sa retraite anticipée avec un départ à 58 ans. L’idée est de transposer la rente due à 65 ans dès ses 58 ans. Ne vous méprenez pas, cela coûte cher.

Si vous souhaitiez absolument prendre deux ans de retraite anticipée comme Luc, mais que votre caisse de pension ne le prévoit pas dans son règlement, il vous faudrait démissionner et renoncer à la rente. Vous percevrez le capital.

Ce n’est pas forcément négatif si le reste de votre patrimoine vous permet de maintenir votre niveau de vie antérieur ou si vous souhaitez partir vivre à l’étranger, dans un pays où la vie est moins chère par exemple. Tout cela se calcule.

Luc anticipe sa retraite de deux années.

La caisse de pension de l’entreprise de Luc permet de prendre une retraite anticipée.

Le certificat de prévoyance de Luc l’informe que sa rente de retraite ordinaire est prévue de se monter à 3’450.- par mois et de diminuer à 2’980.- à l’âge de 63 ans, soit une baisse de 13,6% dans le même esprit que l’AVS. Cela représente un manque à gagner de 470.- par mois.

Ainsi, lors de sa retraite anticipée, Luc percevra de son deuxième pilier un taux de conversion moyen de 5,11% “à vie”.

**Astuce : rente ou capital ?**

La rente n’est pas la meilleure solution dans tous les cas. Cela dépend de votre état de santé, de votre train de vie, du niveau de votre fortune, si vous êtes propriétaire de votre résidence principale, de l’état de vos dettes immobilières, etc. Faites-vous assister par un conseiller financier pour planifier une retraite sereine. Vous trouvez un article sur ce thème ici.

Quelle perte de revenu à la retraite ?

En anticipant la retraite de deux ans, et si aucune modification des lois AVS et LPP ou des règlements de caisse de pension ne vient modifier ces chiffres, les rentes des premiers et deuxièmes piliers de Luc et Marie se monteront probablement à 7’806.- par mois.

Si l’on compare avec leur salaire actuel de 16’700.- brut mensuel, la pension de 7’806.- peut sembler maigre. Leur rente se montera à moins de 47% de leur revenu actuel ! C’est le cas pour la majorité des personnes dans notre pays, même en l’absence d’anticipation.

Nous verrons lors d’un prochain article comment notre couple pourrait optimiser sa situation en profitant des dix années qui les séparent de la retraite.

Vous avez aimé cet article ? Si vous avez des amis ou des parents qui partent à la retraite dans une dizaine d’années, partagez-leur cet article, vous pourriez les aider à y voir plus clair 😉