Retraite : comment faire face au décès de son conjoint ?

Voilà un sujet qui s’il n’est pas planifié correctement peut ajouter de la complication à une situation douloureuse. Lors de la planification de la retraite, le décès du conjoint peut être problématique et la protection du partenaire survivant devrait systématiquement être étudiée. Savoir qu’un plan existe « au cas où » permettrait d’alléger la charge émotionnelle et d’éliminer l’insupportable inconnue.

Nous verrons dans un premier temps le montant des rentes versées par le premier et par le deuxième pilier, puis nous aborderons les éléments auxquels rester attentifs notamment vis-à-vis de la dette hypothécaire et de la succession.

Le premier pilier et le décès du conjoint

L’Assurance Vieillesse et Survivants (AVS) distingue la veuve du veuf et peut attribuer sous certaines conditions une « rente de survivant » au conjoint restant. Les femmes sont mieux loties que les hommes dans ce cas.

Un homme a le droit à une rente de veuf uniquement dans le cas où il aurait à charge un ou des enfants de moins de 18 ans.

Une femme a le droit quant à elle à une rente de veuve si elle a au moins un enfant (peu importe l’âge de l’enfant) ou dès lors qu’elle a plus de 45 ans au moment du décès du conjoint et lorsque leur mariage a duré plus de 5 ans.

Je vous rappelle que ce système date de 1948 et qu’à l’époque, l’épouse travaillait souvent à la maison, aux champs ou encore partiellement au magasin de monsieur. Bref, les femmes étaient très dépendantes des hommes. Il semblerait que beaucoup de votants pensent que nous sommes bloqués en 1948 J

Une femme divorcée peut également prétendre à une rente de veuve jusqu’à ce qu’elle se remarie. Plusieurs conditions existent pour obtenir cette rente notamment celle d’avoir été mariée au moins 10 ans et d’avoir plus de 45 ans au moment du divorce.

Les conjoints au bénéfice d’un partenariat enregistré sont considérés sous le régime du « veuf » tandis qu’un couple non marié ne jouit d’aucune reconnaissance au niveau de l’AVS.

À combien s’élève la rente de veuve à la retraite ?

Je passerai outre la rente de veuf qui est très rarement versée, et me concentrerai sur la rente de veuve.

À la retraite, un couple marié perçoit sa rente de couple AVS. Dans le cas ou monsieur viendrait à décéder, madame pourrait percevoir une rente de veuve.

Mais attention, deux rentes ne peuvent être versées simultanément (la rente AVS de l’épouse plus la rente de veuve). Seule la rente la plus élevée entre la rente de retraite de madame et la rente de veuve serait payée.

Notez également que la rente de veuve est dans tous les cas limitée au 80% de la rente de monsieur.

Quelques exemples pour y voir plus clair.

Supposons que madame perçoive 1’408.- francs par mois de l’AVS et monsieur 2’147.-. Dans ce cas, 80% est appliqués aux 2’147.- afin d’obtenir la rente de veuve potentielle qui se monterait à 1’718.-. Ce montant étant supérieur à la rente de madame, cette dernière recevrait la rente de veuve.

Dans un autre cas, si madame empoche une rente AVS plus élevée que celle de son conjoint, elle continuera de recevoir sa propre rente AVS.

Enfin, si monsieur perçoit la rente maximale AVS de 2’370.- mensuel alors la rente de veuve se monterait à 1’896.- (80% de 2’370.-).

Le deuxième pilier et le décès du conjoint

Les règles pour obtenir une rente de veuve ou de veuf du deuxième pilier sont identiques à celles de l’AVS.

Toutefois, nous sommes juridiquement dans les années 1970 lors de la création de la Loi sur la Prévoyance Professionnelle (LPP) et une plus grande liberté règne…

En effet, certaines caisses incluent dans leur règlement des prestations plus généreuses que ce que prévoit la loi. Renseignez-vous sur la pratique de votre caisse de pension et adaptez votre situation en conséquence !

Deuxième pilier : ce que dit la loi.

La LPP prévoit de verser, si les conditions sont remplies, une rente de veuve à hauteur de 60% de la pension de retraite que percevait le conjoint.

Ici, les allocations se cumulent contrairement à l’AVS : madame peut conserver son revenu LPP et percevoir en plus la rente de veuve LPP de monsieur.

Il faut évidemment que le choix de la rente eût été fait par monsieur lors du début de sa retraite. À défaut, le capital perçu lors de la prise de retraite aurait rejoint la fortune familiale et aucun droit ne pourrait plus découler de cet avoir LPP.

Si les conditions d’octroi, abordées au début de l’article, ne devaient être remplies, l’épouse pourrait recevoir une allocation unique égale à trois rentes annuelles.

LPP : Un exemple du droit à la rente de veuve.

Monsieur perçoit 3’500.- par mois de sa caisse de pension En cas de décès, son épouse, avec laquelle il a eu des enfants, toucherait une rente de veuve LPP de 2’100.- mensuel (60% de 3’500.-).

La caisse de pension de monsieur est aussi plus généreuse que la loi et permet le versement unique d’un capital de 100’000.-.

Des caisses de pension plus fortes que la loi0

Certaines institutions peuvent fournir des prestations plus larges que le minimum légal. C’est le règlement de la caisse qui donne des informations sur ce point.

Par exemple, votre deuxième pilier pourrait reconnaître votre concubin (en l’absence de mariage) et verser également une rente en cas de décès ou encore un capital.

Dans ce cas, un minimum de conditions est généralement exigé tel qu’une communauté de vie de cinq ans ou la présence d’enfant en commun. Certaines caisses peuvent même accepter d’autres bénéficiaires. Vérifiez ce point !

Le troisième pilier et le reste de votre fortune en cas de décès du conjoint.

Si vous avez franchi le seuil de la retraite, le 3e pilier n’existe plus sous cette forme. En effet, le capital que vous aurez épargné aura rejoint votre fortune personnelle. Ce serait également le cas de votre capital de 2e pilier si vous l’aviez privilégié à la rente.

Pour ce qui est du reste de votre patrimoine, il sera partagé entre les héritiers qui sont généralement formés de votre conjoint et de vos enfants.

La rédaction d’un testament ou d’un pacte successoral peut vous aider à la retraite à protéger d’un décès votre conjoint pour l’avenir, surtout si une bonne part de votre patrimoine est constitué par votre résidence principale, difficilement liquidable.

Une bonne planification retraite, réalisée avec l’aide d’un conseiller financier, doit vous permettre de protéger votre famille et vous assurer un avenir serein face aux différents aléas de la vie.

Sentez-vous libre de me poser des questions 😉

Prendre une retraite anticipée grâce à son deuxième pilier.

Découvrez l’impact d’une retraite anticipée sur votre deuxième pilier.

Nous avons vu ici quelle incidence peut avoir une retraite anticipée de deux ans sur la rente AVS. Je vous propose aujourd’hui de discuter de l’impact d’une retraite anticipée de deux ans sur le deuxième pilier.

Petit rappel sur le deuxième pilier.

Le deuxième pilier est une épargne « forcée » que vous constituez tout au long de votre carrière, via la caisse de pension de votre employeur. Cette épargne fait partie de votre fortune et vous sera versée à la retraite sous forme de rente ou de capital.

La Loi sur la Prévoyance Professionnelle (LPP) fixe un minimum de cotisation par tranche d’âge.

Selon le bon vouloir de la société qui vous emploie, vous pourriez cotiser le « minimum légal » ou un montant supérieur.

Notez que le deuxième pilier fait face à des défis structurels : l’allongement de la durée de vie, les taux bas et négatifs ou encore le nombre croissant de retraités. La LPP est et va continuer d’être sous pression à moyen long terme. Vous trouvez un article sur le sujet ici.

**Astuce : bien choisir son employeur.**

De nombreuses personnes croient que ce qui rend une caisse bonne est le niveau de répartition de l’épargne annuelle entre l’employeur et l’employé. La LPP stipule que les deux parties doivent cotiser à parts égales (moitié-moitié) dans la caisse de pension. Pour beaucoup de travailleurs, c’est le cas, mais certaines entreprises versent par exemple deux tiers des cotisations et le salarié épargne le tiers restant. Ce n’est pas forcément cette méthode qui vous est profitable.

Une caisse de pension peut présenter un intérêt lorsque l’employeur offre un plan supérieur au minimum légal.

Voyons un exemple simple : si vous gagnez 100’000.- francs par an, votre employeur a l’obligation de calculer votre épargne retraite sur 60’435.- de revenu uniquement (chiffre 2020). Un plan plus généreux que le minimum légal peut être de cotiser sur la base des 100’000.- de revenu. Et ce, même si vous devez en payer la moitié. 🙂

Vous trouvez plus d’informations sur « comment bien choisir son employeur » ici.

Le taux de conversion du deuxième pilier.

La retraite ordinaire est fixée à 65 ans pour les hommes et à 64 ans pour les femmes. Vous trouvez le montant de votre rente et de votre capital espérés à cet âge sur votre certificat de prévoyance annuel. Vous y trouverez également le montant de votre capital accumulé à ce jour.

Vous trouvez ici un exemple pour vous aider à décortiquer votre certificat.

Le niveau de votre rente de retraite est en général déterminé par le capital attendu à votre retraite. Pour déterminer le niveau de rente, on applique un pourcentage sur le capital. C’est le taux de conversion.

Votre capital (et la rente qui en découlera) est « découpé » en deux grandes parties. La première dépend du minimum légal selon la LPP et est soumise au taux de conversion de 6,8%, tandis que la seconde partie, dépassant le minimum légal et appelé surobligatoire, est traitée à un taux de conversion librement choisi par la caisse, par exemple 5,25%.

Marie et Luc ont la cinquantaine et souhaitent prendre leur retraite dans dix ans.

Reprenons notre « couple exemple » de l’article précédent : Luc et Marie.

En ce qui concerne leurs deuxièmes piliers, Luc disposera vraisemblablement d’un capital de 700’000.- à ses 65 ans et Marie de 250’000.- à ses 64 ans.

Les 700’000.- de Luc sont formés de 300’000.- selon le minimum LPP et de 400’000.- de capital surobligatoire. La part LPP lui servira une rente de 1’700.- mensuel (300’000.- converti à 6.8% soit 20’400.- annuel), tandis que le capital surobligatoire serai converti à 5,25% pour une rente de 1’750.- par mois (21’000.- par année).

Au total, Luc aura le droit à 3’450.- par mois de son deuxième pilier.

Marie quant à elle voit son capital de fonds de pension traité uniquement par la LPP et converti au taux légal de 6.8%. Sa rente s’élèvera donc à 1’416.- par mois (17’000.- par an).

Ensemble, Luc et Marie percevront 4’866.- mensuel en provenance du second pilier.

Le taux selon la LPP de 6,8% est en théorie figé par la loi. Toutefois et au vu des défis à venir, il est possible qu’il vienne à être revu, même pour les personnes déjà en retraite.

La retraite anticipée et le deuxième pilier

Nous avons vu qu’en prenant une retraite anticipée de deux ans, soit à 63 ans, Luc verra sa rente AVS diminuer de 13.6% par an et à vie.

Venons-en maintenant aux possibilités de retraite anticipée via le deuxième pilier.

La LPP ne prévoit pas de retraite anticipée. Toutefois, le règlement de votre caisse peut le prendre en compte et vous permettre de percevoir votre rente (ou votre capital) en avance.

Si votre caisse le permet, votre rente sera, tout comme l’AVS, plus basse que celle de la retraite ordinaire.

Notez que certaines caisses incluent la possibilité, grâce au rachat volontaire, de financer sa retraite anticipée avec un départ à 58 ans. L’idée est de transposer la rente due à 65 ans dès ses 58 ans. Ne vous méprenez pas, cela coûte cher.

Si vous souhaitiez absolument prendre deux ans de retraite anticipée comme Luc, mais que votre caisse de pension ne le prévoit pas dans son règlement, il vous faudrait démissionner et renoncer à la rente. Vous percevrez le capital.

Ce n’est pas forcément négatif si le reste de votre patrimoine vous permet de maintenir votre niveau de vie antérieur ou si vous souhaitez partir vivre à l’étranger, dans un pays où la vie est moins chère par exemple. Tout cela se calcule.

Luc anticipe sa retraite de deux années.

La caisse de pension de l’entreprise de Luc permet de prendre une retraite anticipée.

Le certificat de prévoyance de Luc l’informe que sa rente de retraite ordinaire est prévue de se monter à 3’450.- par mois et de diminuer à 2’980.- à l’âge de 63 ans, soit une baisse de 13,6% dans le même esprit que l’AVS. Cela représente un manque à gagner de 470.- par mois.

Ainsi, lors de sa retraite anticipée, Luc percevra de son deuxième pilier un taux de conversion moyen de 5,11% “à vie”.

**Astuce : rente ou capital ?**

La rente n’est pas la meilleure solution dans tous les cas. Cela dépend de votre état de santé, de votre train de vie, du niveau de votre fortune, si vous êtes propriétaire de votre résidence principale, de l’état de vos dettes immobilières, etc. Faites-vous assister par un conseiller financier pour planifier une retraite sereine. Vous trouvez un article sur ce thème ici.

Quelle perte de revenu à la retraite ?

En anticipant la retraite de deux ans, et si aucune modification des lois AVS et LPP ou des règlements de caisse de pension ne vient modifier ces chiffres, les rentes des premiers et deuxièmes piliers de Luc et Marie se monteront probablement à 7’806.- par mois.

Si l’on compare avec leur salaire actuel de 16’700.- brut mensuel, la pension de 7’806.- peut sembler maigre. Leur rente se montera à moins de 47% de leur revenu actuel ! C’est le cas pour la majorité des personnes dans notre pays, même en l’absence d’anticipation.

Nous verrons lors d’un prochain article comment notre couple pourrait optimiser sa situation en profitant des dix années qui les séparent de la retraite.

Vous avez aimé cet article ? Si vous avez des amis ou des parents qui partent à la retraite dans une dizaine d’années, partagez-leur cet article, vous pourriez les aider à y voir plus clair 😉

Frais de garde : discrimination féminine en terre vaudoise

La fiscalité vaudoise et les frais de garde des enfants entraîne une discrimination à l’encontre des femmes et des familles.

Lors de l’arrivé d’un bébé dans une famille, les mamans sont confrontées à un dilemme bien moderne : choisir entre rester 100% du temps à la maison ou travailler à 100%. Les femmes choisissent souvent un « entre deux » grâce au temps partiel. Ce choix discriminant, qui impacte leur carrière et leur future retraite, est aussi pénalisant à court terme puisque leur revenu est frappé par les frais de garde et par une très forte progression fiscale. In fine, c’est le budget familial qui s’en retrouve amputé.

L’on pourrait me rétorquer qu’en changeant les mentalités, l’homme pourrait rester à la maison, mais dans les faits, ce sont bien les mamans qui s’occupent des enfants. En tout état de cause, cette situation ne discrimine pas tant les femmes que les familles. En effet, même si les hommes gardaient les enfants, les méthodes de calcul resteraient ce qu’elles sont… et discrimineraient les hommes. C’est pourquoi je considère que ce sont les familles qui sont discriminées.

Les actifs supportent les jeunes et les retraités

Notre société semble être devenue schizophrène : les femmes doivent choisir entre le travail et le foyer. Ce choix cornélien est dû à plusieurs facteurs. Il y a évidemment la volonté d’indépendance féminine mais aussi et surtout l’augmentation inexorable du coût de la vie et du coût du vieillissement de la population (coût de la santé et des retraites).

Notez qu’avec le vieillissement de la population et l’allongement de la durée de vie, les actifs, en diminution démographique vis à vis des passifs, doivent non seulement pourvoir à l’éducation de leurs enfants mais aussi contribuer pour une large part aux revenus des retraités, entre autres via l’AVS. Ce phénomène est appelé à fortement s’accentuer au cours des dix prochaines années.

Nous sommes loin de la période où un salaire suffisait, comme il y a une quarantaine d’années, à faire vivre un foyer entier. Les impôts et les charges sociales ont tellement progressé en 40 ans que les couples doivent trouver le soi-disant « équilibre entre vie professionnelle et vie familiale ».

Je vous propose de calculer ci-dessous le coût de garde réel d’un enfant et de le mettre en vis à vis du salaire de l’épouse.

Trois exemples de situations familiales sur le canton de Vaud

Nous allons passer en revue trois situations familiales.

Les chiffres sont basés sur des exemples de couples vivant en ville de Nyon, dans le canton de Vaud. Pour l’exemple, les charges sociales (permettant de passer du revenu brut au revenu net) sont de 12%, le loyer est de 2’000.- francs par mois et les couples ont un enfant à charge.

Les allocations familiales perçues s’élèvent au montant ridicule (mais loué par les politiques) de 3’600.- par année. Aucune déduction sur le salaire n’est prise en compte, hormis la déduction fiscale pour se nourrir, la déduction sociale sur le loyer lorsqu’elle peut s’appliquer et les frais de garde. Ces derniers sont très malheureusement plafonnés et très loin de la réalité pour beaucoup de famille. Les familles n’ont pas de fortune imposable.

Pour chacun des trois exemples, nous considérerons les deux situations extrêmes : Madame travaille [PdW1] au foyer et Madame travaille à 100%. Le temps partiel, qui représente un entre-deux, ne sera pas exposé à proprement parler puisque les deux cas étudiés sont respectivement le moins et le plus coûteux en termes de frais de garde et d’impôts.

Un premier couple qui perçoit moins que le salaire moyen suisse

Notre couple perçoit un salaire brut de 5’000.- par mois et par personne sur 12 mois soit 60’000.- par an par personne. Ce salaire est inférieur à la moyenne suisse.

Madame travaille au foyer. Un seul revenu pour la famille.

  • Frais de garde : 0.-
  • Impôts : 1’618.- par an
  • Reste dans le porte-monnaie de la famille (net, après impôts et charges sociales) : 54’782.- annuels soit 4’665.-/mois

Madame travaille à 100% et l’enfant est gardé cinq jours par semaine.

  • Frais de garde : 19’111.- ; maximum déductible des impôts, seulement : 7’100.- !
  • Impôts : 11’290.-
  • Reste dans le porte-monnaie de la famille après impôts, charges sociales et frais de garde : 78’799.- annuels soit 6’567.-/mois

Restez assis 🙂 : Faire garder son enfant coûte à cette famille 28’783.- par année (19’111 + 11’290 – 1’618).

Le taux de ponction sur le salaire net de Madame (ou de Monsieur, comme vous voulez) est de 48% ! Comment choisir entre n’avoir pas assez de quoi vivre (sur les 4’665.- restants, il faut payer le loyer, les caisses maladie etc.) et se faire taxer près de 50% de son revenu…

Pour être complet, il faudrait ajouter le reste de la facture sociale. Cette famille payera dans le premier cas 5’220.- d’AVS par an soit 37% du revenu d’un retraité au bénéfice d’une rente AVS minimum et 73% dans le second cas.

Il est intéressant de noter ici que dans le premier cas (Madame travaille au foyer) les retraités retirent beaucoup plus que le reste de la collectivité (1’618.- d’impôt contre 5’220.- d’AVS soit 3,2 fois plus !).

Étudions la situation d’un deuxième couple gagnant le salaire moyen suisse

Notre couple perçoit ici le salaire moyen (référence 2016) de 6’500.- brut mensuel par personne sur 12 mois soit 78’000.- par an.

Madame travaille au foyer. Un seul revenu pour la famille.

  • Frais de garde : 0.-
  • Impôts : 5’414.-
  • Reste dans le porte-monnaie de la famille : 66’826.- annuels soit 5’569.-/mois

Madame travaille à 100% et l’enfant est gardé cinq jours par semaine.

  • Frais de garde : 25’473.-
  • Impôts : 18’470.-
  • Reste dans le porte-monnaie de la famille : 97’087.- annuels soit 8’090.-/mois

Pour cette famille, faire garder son enfant lui coûte 38’529.- (j’ai failli m’étrangler).

Le taux de ponction sur le salaire net de Madame est donc de 56% ! Si j’ajoute les charges sociales, ce sont près de 62% du revenu brut qui disparaissent.

Cette famille payera dans le premier cas 6’778.- d’AVS (encore une fois plus aux retraités qu’à la collectivité) soit 48% du revenu d’un retraité au bénéfice d’une rente AVS minimum et 95% dans le second cas.

Prenons pour finir l’exemple d’un couple de cadres supérieurs

Notre couple de cadres perçoit un salaire d’environ 12’500.- brut mensuel par personne sur 12 mois soit un total de 150’000.- annuels par personne.

Madame travaille au foyer. Un seul revenu pour la famille.

  • Frais de garde : 0.-
  • Impôts : 20’905.-
  • Reste dans le porte-monnaie de la famille : 114’695.- annuels soit 9’558.-/mois

Madame travaille à 100% et l’enfant est gardé cinq jours par semaine.

  • Frais de garde : 31’200.-
  • Impôts : 61’923.-
  • Reste dans le porte-monnaie de la famille : 174’477.- annuels soit 14’540.-/mois

Pour cette famille, faire garder son enfant revient à 72’218.- !

Le taux de ponction sur le salaire net de Madame est donc de 55%. Ajoutez à cela les charges sociales et vous obtenez 60% du revenu brut qui passent à la trappe.

Cette famille payera dans le premier cas 13’050.- d’AVS soit 92% du revenu d’un retraité au bénéfice d’une rente AVS minimum et 183% dans le second cas.

Ai-je besoin de conclure ?

Il existe en Suisse une absence totale de politique familiale. Les charges sociales sont en faveur des retraités et au détriment des enfants et des familles.

Il est grand temps d’offrir un avenir à notre pays et de se consacrer à une politique familiale digne de ce nom, seule garante des générations anciennes et futures.

Pour ne pas conclure négativement, je propose quelques pistes de réflexion ci-dessous. A moindre mal :

  • Augmenter au coût réel la déduction des frais de garde dans les impôts cantonaux et communaux (c’est en train de se faire au niveau fédéral).
  • Faire payer les frais de garde par la collectivité via les impôts ou les charges sociales. Cela aurait pour effet d’augmenter les impôts perçus puisque moins de personnes se poseraient la question du choix entre le travail et le foyer.
  • Une allocation naissance bien plus conséquente,
  • Des allocations familiales plus conséquentes.

Une idée un peu plus « progressiste » :

  • Fournir un revenu minimum journalier aux mamans (ou papa) qui restent à la maison. Ce revenu serait imposable et éventuellement soumis à l’AVS. Ce revenu pourrait payer des frais de garde. Cela impliquerait d’avoir un tarif fixe de garde.

Le conseil fédéral devrait très prochainement revoir la taxation des couples. Affaire à suivre…

Vous avez des enfants ? Faites tourner cet article ! Et proposer vos idées en commentaire 😉

En attendant, je vous souhaite de très bonnes vacances de fin d’année si vous avez la chance de pouvoir lâcher un peu la pression.